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Jugé en appel pour avoir tué son voisin à coups de coupe-coupe

décès Tahiti
tribunal de papeete
©Polynésie 1ère
En 2013, Jimmy Maere tue son voisin âgé de 78 ans à coups de coupe-coupe. Condamné en première instance à 17 ans de prison, cet ancien instituteur, qui dort aujourd'hui en prison, est rejugé en appel par la cour d'Assises. L'enjeu de ce nouveau procès : requalifier les faits d'accusation.
Après la condamnation, mercredi 10 juin, d'Eugène Raurahi à 18 ans de prison pour le meurtre de Mauitua Noho, une nouvelle affaire d'homicide est jugée en appel, à partir d'aujourd'hui, devant la cour d'Assises de Papeete. L'accusé est un ancien instituteur de 42 ans. Condamné en première instance, en septembre 2014, à 17 ans de prison pour le meurtre de son voisin à coups de coupe-coupe, Jimmy Maere avait fait appel de cette décision. Avec ce nouveau jugement, l'accusé espère voir les faits de l'accusation requalifiés d'"homicide volontaire" en "homicide involontaire".

Les faits remontent au 12 janvier 2013, à Faa'a. Ce soir-là, Jimmy Maere, 42 ans, est pris d'une colère noire. La raison de sa fureur ? une dispute avec sa compagne le matin même. Ce dernier lui reproche de ne pas être rentrée à la maison la veille au soir comme prévu, sa concubine lui répond avoir préféré rester en compagnie de ses amis. Une explication qui ne satisfait pas l'instituteur le mettant littéralement hors de lui. Dépressif depuis sept ans, Jimmy Maere se met alors en tête de régler son compte à tout son voisinage à coups de coupe-coupe.
Jugé en appel pour avoir tué son voisin à coups de coupe coupe - Tepiu Bambridge / Nicolas Suire

Accident ou meurtre ?


Dans sa fureur, l'homme s'acharne sur sa victime, Antoine. Il s'agit de son voisin, un homme âgé de 78 ans et ami de longue date de son père. Atteint d'une maladie cardio-vasculaire, le vieil homme avait subi quelques années auparavant un triple pontage et se soignait pour un cancer. Faible physiquement, la victime succombe très vite à ses blessures après avoir perdu trop de sang. Dans sa folie, Jimmy Maere blesse au passage sa femme et le beau fils de la victime.

Lors du procès en première instance qui remonte à septembre 2014, l'incompréhension était palpable dans la salle d'audience du palais de justice. D'un côté, la famille de la victime est convaincue d'avoir assisté à un meurtre exécuté de sang froid par un homme enragé. L'autopsie révélera par ailleurs six plaies sur le corps du défunt, avec notamment une main transpercée de part en part et pas moins de trois coups portés à la gorge. L'avocat de la défense, lui, défend la thèse accidentelle. Son client, décrit comme un gars plutôt calme et gentil, aurait dérapé sans savoir ce qu'il faisait.

Un pardon impossible


Pour ce procès en appel, les positions d'un camp comme de l'autre n'ont guère changé. Le frère de l'accusé, Olivier Tauhiro, estime que Jimmy Maere mériterait de voir sa peine allégée au vu du contexte difficile dans lequel ce dernier vivait à l'époque. Disputes conjugales, dépression... Oliviert Tauhiro ne justifie pas le geste dramatique de son frère mais tente de comprendre ce qu'il a pu le pousser à commettre un tel crime. D'autant que cet homme bien sous tout rapport, était apprécié des habitants de la commune notamment pour son investissement dans le sport et le milieu associatif. Présent au tribunal, Olivier Tauhiro qui a pu parler à son frère la veille de son procès, s'est confié à nos journalistes.


Du côté de la partie civile, ces arguments ne suffisent à expliquer le drame. Pour l'avocat de la famille du défunt, Me James Lau, il ne peut s'agir d'un accident au vu des coups qui lui ont été infligés.


Du côté des enfants de la victime, le pardon semble impossible. Francis Chin, l'un des cinq enfants du défunt, déplore le manque de sincérité de l'accusé qui, selon lui, ne dit pas la vérité depuis le début de l'affaire. La famille souhaite que la justice fasse correctement son travail et condamne le meurtrier à la hauteur de leur peine provoquée par la disparition de leur proche.


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