La CMA CGM va baisser ses tarifs de fret : les prix des produits importés vont-ils diminuer ?

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Le port de Papeete
Depuis la crise sanitaire, le coût de l'acheminement des conteneurs par la mer a explosé. ©Polynésie la 1ère/Christophe Marquand
La compagnie de transport maritime CMA CGM a publié vendredi une nouvelle baisse de ses tarifs de fret "pour soutenir le pouvoir d'achat des ménages français et l'économie", après un premier geste annoncé fin juin. Cette mesure prendra effet dès le 1er août, et concerne la Métropole et les outre-mer. En Polynésie, cette baisse du coût du fret devrait donc être répercutée sur les prix des produits importés. A partir de quand ?

Le géant du transport, aux bénéfices gonflés par la crise, va réduire ses taux de fret de 750 euros par conteneur 40 pieds vers la métropole et les Outre-mer, soit jusqu'à 25% de ses prix, au lieu de 500 euros prévus initialement.

La mesure est étendue à l'ensemble de ses clients en métropole à partir du 1er août et pour un an, alors qu'elle devait être réservée à des enseignes de grande distribution, a précisé le groupe dans un communiqué.

Cette baisse du coût du fret doit ainsi participer à la lutte contre l'inflation. La Polynésie est en premier lieu concernée, puisque ses importations de marchandises arrivent essentiellement par voie maritime. C'est donc toute la chaîne de distribution qui sera impactée. Importateurs, grossistes et revendeurs devraient ainsi répercuter cette baisse. Mais à partir de quand ? 

La compagnie CMA CGM a annoncé par ailleurs une baisse de 100 euros par conteneur de 40 pieds pour toutes les exportations françaises.

Troisième armateur mondial, la CMA CGM est dans la ligne de mire des parlementaires, à gauche mais aussi dans la majorité, qui voulaient créer une taxe pour les entreprises ayant réalisé d'importants bénéfices grâce à l'inflation. Mais samedi l'Assemblée nationale a rejeté in extremis cette taxe sur les "superprofits" des grands groupes.

Baisser les prix ou être taxés

Sorti du rouge en 2020, le groupe a publié début juin un bénéfice net de 7,2 milliards de dollars pour le seul premier trimestre, porté par la surchauffe du transport maritime et la désorganisation des chaînes logistiques mondiales.

Le PDG de la CMA CGM, Rodolphe Saadé, s'est défendu mercredi lors d'une audition au Sénat, soulignant qu'il était "prêt à aider", mais qu'il ne voulait pas être "le seul à payer".

"Je ne veux pas, moi, groupe CMA CGM, groupe français, fleuron du transport maritime en France, me retrouver dans une situation de désavantage" face à la concurrence --notamment le danois Maersk et le suisse MSC--, a-t-il martelé.

Le dirigeant a remarqué que les taux de fret ont perdu 40% ces dernières semaines, prédisant "un atterrissage en douceur" pour le transport maritime après deux ans de surchauffe.

En plus de la CMA CGM, TotalEnergies est également dans la ligne de mire des parlementaires, à gauche mais aussi dans la majorité, qui voulaient créer cette taxe pour les entreprises ayant réalisé d'importants bénéfices grâce à l'inflation.

TotalEnergies a annoncé début février un bénéfice net de 16 milliards de dollars en 2021, le plus élevé depuis au moins 15 ans, lié à la forte hausse des prix du pétrole. 

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a salué les gestes opportuns de l'énergéticien Total et du transporteur maritime CMA-CGM vendredi de proposer une remise à la pompe de 20 centimes pour l'un et une réduction des taux de fret de 750 euros par conteneurs de 40 pieds pour l'autre.