Le don de l'amitié : Maria a donné son rein à Mareva

L'opération est une réussite. Mareva à droite a désormais le rein offert par Maria à gauche.
Cette belle histoire d'amitié entre deux Polynésiennes. Mareva, en insuffisance rénale, a reçu hier le rein de son amie Maria. Une intervention qui poursuit le programme de greffe initié depuis une dizaine d'années à Tahiti et qui consolide le lien d'amitié entre les deux femmes.

Dernière consultation avant l’opération pour Maria et Mareva. Demain leur amitié de 20 ans sera consolidée par un acte à la fois médical et symbolique. "C'est une battante, donc je sais qu'elle veut vivre. Quand on a un problème de santé et qu'on veut s'accrocher à la vie, cela m'a vraiment motivée. En sauvant Mareva, je sauve aussi son mari. C'est deux vies que je sauve", dit humblement Maria Pellemans, la donneuse de 54 ans. 

Hors de question pour Mareva en insuffisance rénale de mener la vie d’une dialysée. Pour cette Polynésienne de 64 ans, ce sera une greffe de rein préemptive, sans recours à la dialyse. "Je n'ai pas peur. D'ailleurs jusqu'à aujourd'hui, je n'ai toujours pas de dialyse. Je me suis battue pour ne pas l'avoir jusqu'à la greffe comme je sais que j'ai quelqu'un pour la greffe, je ne me ferai pas dialyser jusqu'au jour J. Je pense que j'y suis arrivée, puisque deman ce sera le grand jour", s'enthousiasme Mareva Patoa, 64 ans, la receveuse.

Entre Maria et Mareva, 20 ans d'amitié.

10 ans que le professeur Mejean opère les donneurs vivants à Tahiti. A l’origine de la première greffe rénale en Polynésie, il poursuit le programme grâce aux équipes médicales locales et rassure les familles. "Quand c'est possible, les malades sont parfaitement checkés, ils ont des bilans parfaits, et on peut pratiquement garantir que quand on donne un rein, on a peu de risque d'avoir une répercussion sur sa fonction et sur sa vie. Faites le don, parce que ça change la vie de vos proches", insiste le professeur Arnaud Méjean, chef du service urologie à l'hôpital Georges Pompidou à Paris.

C’est le grand jour, Maria est déterminée et confiante. "Pour Mareva, ça va être une seconde vie, elle va revivre en fait", dit-elle.

Direction le bloc opératoire. Maria est prise en charge par une équipe efficace et professionnelle qui réalisera les deux opérations. "Le rein est un organe qui n'est pas très fragile. Donc on a sans problème 2 à 3 heures entre le moment où on extrait le rein et le moment où on l'implante", explique le professeur Méjean.

Le rein prélevé chez Maria et bientôt implanté chez Mareva.

Le professeur opère par cœlioscopie, intervention sous contrôle vidéo, pour éviter une grande incision de la paroi abdominale. L’opération nécessite adresse et précision, avec aujourd’hui quelques imprévus.

Mais tout s’est bien passé, une fois prélevé le rein est lavé et refroidi à 4°C, il sera implanté dans quelques heures sur la receveuse, déjà endormie.

Le jour d’après, la greffe de l’amitié a parfaitement fonctionné pour Mareva, elle est en forme. "C'est inimaginable ce qu'elle a fait pour moi. Je suis éternellement reconnaissante vis à vis d'elle", déclare Mareva. "Maintenant entre nous c'est encore plus fort parce qu'elle a une partie de moi, mon rein, c'est une deuxième vie pour nous", ajoute souriante Maria.

Grâce à son geste, Maria héroïne au grand cœur, transforme une amitié déjà solide en lien indéfectible. 

Le reportage de Caroline Farhi :

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