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La loi Blanquer décriée par des organisations syndicales de l’éducation

Samedi 30 mars, le SNUEP – FSU, le SNEP, le SNES-FSU et le SNUipp-FSU se sont rassemblés au parc Bougainville. Ces organisations syndicales dénoncent le projet de loi, communément appelé la réforme "Blanquer", récemment voté à l’Assemblée nationale

© Polynésie la 1ère
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  • Polynésie la 1ère, Aiata Tarahu
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Une cinquantaine de membres se sont réunis au Parc Bougainville. "L’école de la défiance, un abus de confiance" ou encore "Blanquer, tu nous feras pas taire"... Banderoles mais surtout pancartes pouvaient refléter leur mécontentement et leurs craintes.

Le SNUEP – FSU, le SNEP, le SNES-FSU et le SNUipp-FSU dénoncent le projet de loi communément appelé la réforme "Blanquer", récemment votée à l’Assemblée nationale. Cette loi aura de lourdes conséquences en Polynésie, selon les syndicats.
 

"Intimidation et totalitarisme"


Pour les organisations syndicales, le ministre national de l’Education, Jean-Michel Blanquer, souhaite contraindre les enseignants au devoir de réserve, au travers du projet de loi "pour une école de la confiance". Adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale en février dernier, l’article premier de cette loi "amène l’administration à museler les professeurs des écoles et les professeurs du second degrés", explique John Tau, co-secrétaire territoriale SNUPP-FSU.
 

Interview


Au travers de ce texte, le gouvernement veut s’assurer de "l’engagement de la communauté éducative" et menace "d’affaires disciplinaires les personnels s’étant rendus coupables de faits portant atteinte à la réputation du service public". Le ton est donné : pas question de critiquer la politique du ministère sous peine de sanctions. Si le premier degré est de compétence territoriale en Polynésie, les enseignants craignent qu’elle soit tout de même appliquée. Ce droit de réserve n’existait pas pour les professeurs du second degré.
 

Des réformes "mortifières"


"Les réformes lancées par Blanquer sont mortifères pour le système éducatif républicain" dénonce un tract rédigé en commun avec toutes les organisations syndicales SNUPP Polynésie du second degrés. Elles s’insurgent notamment contre la réforme du bac qui s’appliquera à la rentrée 2019. "Elle dévalorise le diplôme" selon Alexandra Lante, la secrétaire territoriale SNES-FSU Polynésie.
 

Interview


A côté de cela, la réforme du lycée, également prévue pour le mois de septembre 2019, avec la disparition des séries S, ES, et L. La création des EPSF, les établissements publics des savoirs fondamentaux, consiste à regrouper en un établissement, un collège et/ou plusieurs écoles du secteur de recrutement.

La création d’un EPFS introduit un véritable bouleversement de la gouvernance des établissements du premier degré avec notamment la disparition des postes de directeurs d’école. "Les services publics de l’éducation seraient affaiblis", s’inquiètent John Tau, co-secrétaire territoriale SNUPP-FSU.
 

Interview


La scolarisation des enfants dès l’âge de 3 ans est une des mesures "piliers" de cette réforme. De facto, l’âge de l’instruction passe de 6 à 3 ans. En France, aujourd’hui, 97,6% des enfants sont déjà scolarisés. Selon les organisations syndicales, cette mesure obligerait les communes à financer les écoles maternelles privées, "c’est un cadeau aux écoles privées sous contrat au détriment des écoles publiques !" peut--on lire sur l'un des tracts. Les syndicats appellent à manifester le 4 avril prochain dans les rues de Papeete.
 

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