Mutation des agents métropolitains à la DTPN : Gérald Darmanin interpellé, recours déposé

société polynésie française
C'était lundi 30 mai 2022, des policiers ont manifesté devant le haut-commissariat pour exiger le retour de leurs collègues toujours en poste en métropole. ©Polynésie la 1ère
L'affaire prend une allure politique. Alors que le syndicat UNITE SGPFSMI FO POLICE manifestait lundi dernier pour contester la mutation de 7 fonctionnaires métropolitains en Polynésie, les représentants politiques montent au créneau. Edouard Fritch dépose un recours.

Lundi 30 mai 2022, les fonctionnaires de police de Polynésie exprimaient leurs colères à Papeete. Ils ont manifesté pour contester la mutation de sept fonctionnaires métropolitains au sein de la Direction Territoriale de la Police Nationale. En parallèle, des polynésiens, en poste depuis cinq ans dans l'hexagone, répondent aux critères et attendent toujours de pouvoir rentrer au pays. 

Un véritable malaise existe chez les policiers d'outre-mer, notamment polynésiens, qui travaillent en métropole et qui rencontrent de grandes difficultés pour obtenir d'aller exercer leurs fonctions sur leur île natale où ils ont conservé toutes leurs attaches familiales et matérielles. Cela entraîne, dans la majorité des cas, des situations douloureuses. Il apparaît de toute évidence de prendre en compte les centres d'intérêts matériels et moraux des intéressés.

Mardi 31 mai 2022, lors d'une rencontre avec les représentants du syndicat, le haut-commissaire de la République Dominique Sorain avait demandé qu’on lui adresse la liste de ces policiers exerçant en métropole. Il s’était par ailleurs engagé à transmettre le tout à la direction générale de la police nationale pour que la liste des affectations en septembre soit reconsidérée.

Responsables politiques et candidats aux législatives dans le combat

Sollicités par le syndicat des policiers, les candidats aux élections législatives s'étaient joints à la manifestation. La protection de l'emploi local étant au cœur de la campagne électorale. 

Dans deux communiqués distincts, le Tapura Huiraatira s'est érigé en grand défenseur des intérêts des fonctionnaires polynésiens. 

Nous demandons le respect du droit à l’égalité exprimé au travers de la Loi EROM. Nous demandons le bilan des mutations sur les 5 dernières années conformément à l’engagement pris en 2018 par le précédent ministre de la Fonction publique, monsieur Olivier Dussopt. Nous nous battrons pour une cogestion transparente des mutations en demandant la création d’une commission paritaire Etat-Pays pour l’attribution des CIMM.

Communiqué du Tapura Huiraatira diffusé mardi 31 mai

Malgré les bonnes relations toujours vantées par la majorité en place, ce problème, brûlant, semble complexe à résoudre. 

Mais avant, le sénateur de la Polynésie avait interpellé le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin. Dans un courrier adressé le 25 mai 2022, le sénateur de la Polynésie exprimait ses « vives inquiétudes concernant la mobilité des fonctionnaires de police originaires de territoires ultramarins », en rappelant que la loi sur l'égalité réelle outre-mer favorise le retour des ultramarins dans leurs pays d'origine. Pour Teva Rohfritsch cependant, « dans les faits, l’application de la loi peut paraît lacunaire, voire discutable»

En effet, la dernière commission de mutation de la Police nationale a décidé de muter en Polynésie française huit fonctionnaires, dont aucun n’est originaire du territoire. Concomitamment, des policiers originaires de Polynésie française attendent leur mutation, souvent depuis plusieurs années, afin de rentrer avec leur famille. Cette situation est vécue comme une injustice par ces fonctionnaires écartés du droit au retour, ainsi que par l’opinion publique polynésienne.

Lettre adressée au ministre de l'intérieur par le sénateur Teva Rohfritsch

Recours déposé

Les interpellations n'étant visiblement pas suffisantes, le président de la Polynésie aurait décidé de déposer un recours. Selon nos confrères de Tahiti Infos, Edouard Fritch aurait décidé de déposer « un recours contre ces services pour stopper ces affectations de métropolitains chez nous ». 

Edouard Fritch rappelle lui aussi au ministre de l'Intérieur que la loi EROM doit être appliquée. Dans un courrier adressé à Gérald Darmanin, toujours relaté par nos confrères de Tahiti Infos, il estime que son « gouvernement se voit entaché par cette controverse qui laisse penser que nous cautionnons ces affectations de fonctionnaires métropolitains au détriment de fonctionnaires polynésiens, en attente de retour vers leur Pays ». 


Les appels seront-ils entendus ? Peut-être que le Président de la République pourrait répondre par l'affirmative, en réponse à la « politesse » faîte par Edouard Fritch avant la présidentielle. Lors d'un déjeuner-débat à Papeete qui s'est tenu le 5 avril 2022 à la salle Philanthropique, le chef de la majorité appelait les convives présents à voter pour Emmanuel Macron car « il est temps de rendre la politesse en disant « merci à Macron » pour tout ce qu’il a fait ces quatre dernières années ». 

inquiétudes concernant la mobilité des fonctionnaires de police originaires de territoires ultramarins


Communiqué de Madame la sénatrice Lana TETUANUI

Communiqué du Tapura pour pour le retour prioritaire des enfants fonctionnaires

Communiqué du Sénateur Teva Rohfritsch

Lettre du Sénateur Teva Rohfritsch adressée à Gérald Darmanin