Récif corallien de la presqu'île : les habitués réagissent

mer polynésie française
Pêcheur sur le site du champ de rose
Des pêcheurs sur le site du champ de rose. ©Cybèle Plichart
La semaine dernière, les images ont affolé la toile, tous les médias internationaux ont relayé l'information en affirmant que l'UNESCO avait réalisé " une découverte ". Ce qui a été vendu comme une découverte n'en est pas une, notamment pour les habitants et les habitués du site.

Un champ de coraux en forme de roses. Un récif corallien de trois kilomètres dans un  excellent état de conservation. Les images du photographe Alexis Rosenfeld ont fait le tour des médias internationaux. 

Mais la bonne nouvelle a rapidement laissé place à la polémique. Le mot « découverte » était de trop. « J’habite juste en face, depuis que je suis gamin je pêche un peu par là » déclare Dell. Le pêcheur sous-marin indique que des récifs de coraux géants en forme de rose, il en existe ailleurs, mais ils sont peu poissonneux, car profonds donc pas très intéressants pour les pêcheurs. Et du coup, selon Dell, pas très intéressants non plus pour les plongeurs en bouteille.

Sur ce site préservé de la Presqu’île de Tahiti, les rares clubs de plongée et les pêcheurs au fusil s’entendent parfaitement. Une cohabitation fragile que Dell craint de voir disparaître, " on ne veut pas que se soit trop invasif ", pour ne pas perdre le droit de pêcher sur le site.

Pour ce club de plongée, habitué du site, il n’y a rien à craindre. Seuls les plongeurs aguerris pourront l’explorer. " Il n'y a pas d’inquiétudes à avoir quant à la surfréquentation éventuelle de ce site à cause du reportage qui y a été fait, en raison de sa profondeur, on est aussi quand même la côte la plus exposée au vent, tout ça fait qu'on n'aura pas une fréquentation énorme " affirme Vincent Truchet, moniteur de plongée et photographe sous-marin. D'ailleurs, depuis le reportage d'Alexis Rosenfeld, les demandes n'ont pas afflué au club de plongée.

A l’origine de l’exploration, Laetitia Hédouin, chargée de recherche au CNRS - CRIOBE, est " triste " et " déçue ". Difficile pour elle, d’imaginer qu’une polémique puisse venir d’une bonne nouvelle. " Au jour d'aujourd'hui, il y en a quand même très peu des récifs où il y a 70% de recouvrement coralien, la découverte, ce n'est pas le fait que le récif soit là, c'est son état de conservation qui est impressionnant " explique Laetitia Hédouin.