Qu’elles habitent Hitia’a ou Faaone, beaucoup de familles ont le même problème. Impossible pour elles de faire le tour de l’île pour emmener leurs enfants à l’école. Depuis vendredi, ils sont déscolarisés.
C'est le cas de Mélanie Vaitu au PK 47 Hitia’a : "on sait pas comment on va faire. J’ai appelé l’école hier, lundi. Ils m’ont dit ils vont chercher un moyen, mais je sais pas comment ils vont faire". Ou bien Noëlle Tirao qui signale que "nous, on n'a pas de moyen de transport, le fait déjà de l’emmener à Taravao, après faire le tour et revenir encore pour moi je trouve ça fait trop. [Ça va les fatiguer ?] Pas que les fatiguer, après ça va être toute une organisation. Faut remettre encore en place ça. Après faut aller voir des personnes, des amis, qui peuvent bien le prendre. Tu vois ça va être un système, toute une organisation".
Au lycée de Taravao, absentéisme et retard ont augmenté. Car les professeurs résidents sur la côte est sont obligés de faire le tour par l’ouest. "Il arrive qu’on en ait un ou deux qui arrivent un peu en retard oui. Ça pose vraiment un problème ce blocage à Hitia'a, ah oui vraiment, surtout pour les élèves, on a plus d’une centaine d’élèves qui sont impactés par ce blocage !", regrette Thierry Meta, directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques du lycée de Taiarapu nui.
Le transport scolaire vers la presqu’île est totalement perturbé. Les discussions entre la société RTU et le ministère de l’Education sont en cours pour tenter de trouver une solution.
"Nos simulations font état que les élèves de Hitia’a devraient faire 124 km pour espérer arriver à l’heure au lycée de Taravao par exemple, qui commence à 7h. Ce qui ferait qu’ils devraient quitter à 3h30 du matin. Et encore, avec l’impact de la circulation, puisque le trafic est perturbé, il est agrandi par rapport aux usagers qui passent tous par la côte ouest aujourd’hui, on n'est pas certain qu’ils vont arriver à l’heure", constate amèrement Xavier Chung Sao, directeur de la société RTU.
"On attend de voir puisque la DGEE va peut-être mettre en place des navettes maritimes, pour pouvoir faciliter justement leur arrivée sur l’école. Surtout les lycées, notamment sur toutes les écoles de la presqu’île en tout cas", espère Sandra Virecoulon, professeure.
En attendant les solutions du Pays, certains particuliers proposent des navettes maritimes. Car la route de Hitia’a devrait rouvrir dans un mois, mais en circulation alternée.