Trafic de cocaïne trans-Pacifique jugé à Paris : 7 à 20 ans de prison requis par l'avocat général

trafic de drogue polynésie française
trafic cocaïne
Saisie de cocaïne à bord d'un voilier aux Marquises en 2017. ©Twitter Douanes
Le procès pour trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Australie touche à sa fin. 10 prévenus, des convoyeurs de la drogue et des logisticiens du réseau, sont jugés depuis bientôt 4 semaines à la cour d’assises de Paris. L’enquête avait été ouverte après l’arraisonnement de trois voiliers chargés de plusieurs centaines de kilos de cocaïne en Polynésie. Les peines requises sont lourdes.

Ce mardi matin, au cours de son réquisitoire, l’avocat général a présenté un trafic aux dimensions internationales et dans lequel sont cités de nombreux territoires français d’outre-mer. 

Une vaste organisation narco-financière, selon les termes du Parquet, une affaire pour laquelle 10 personnes de 6 nationalités différentes sont jugées à Paris depuis le 24 octobre. Elles avaient prévu d'acheminer 3 bateaux chargés au total d'1,7 t de cocaïne du Panama à l'Australie via la Nouvelle-Calédonie. Mais leur traversée du Pacifique s'est terminée en Polynésie entre janvier et mars 2017.

Ecoutez le reportage de Tessa Grauman :

Au centre de ce trafic, un donneur d'ordres colombien surnommé El Flaco basé à Medellin, et un Français de 65 ans basé au Panama. Ce dernier avait réalisé une première traversée du Pacifique à bord d'un voilier chargé de cocaïne fin 2015 avec escale en Nouvelle-Calédonie, puis livraison en Australie. 

C'est ce même Français qui achète en 2016 en Martinique et en Guadeloupe 2 bateaux arraisonnés quelques mois plus tard en Polynésie.

L'enquête et le procès ont mis au jour un réseau international de trafic de cocaïne avec usage de messagerie cryptée et blanchiment de l'argent de la drogue. 

L'avocat général a requis de 7 à 20 ans de réclusion criminelle et 159 millions d'euros d'amende (plus de 18,9 milliards cfp).

trafic cocaïne
Le voilier arraisonné au large de Gambier début 2016. ©Ministère de la Défense.