Quel avenir pour le va’a féminin ?

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©Polynésie la 1ère

La Fédération Tahitienne de Va’a a perdu plus de la moitié de ses licenciés en 2020. De 5000 licences en 2019, elle a enregistré à peine 2000 documents l’année dernière. Déjà en difficulté, les sections féminines ne sont pas épargnées. Mais il y a des motifs d’espoir…  

Dans les nouveaux bureaux de la FTV, Fédération Tahitienne de Va’a, les équipes travaillent déjà sur la finalisation du calendrier 2021. Il faut dire qu’après une année Covid-19 difficile pour les passionnés, le bureau espère redynamiser la discipline. "Dans le calendrier 2020, il y avait 59 courses inscrites officiellement, mais nous avons pu en organiser seulement 10" déplore Elise "Tutu Maamaatuaiahutapu.

Pour les femmes, déjà peu nombreuses en temps normal à prendre part aux compétitions, les conséquences pourraient se ressentir sur la saison à venir.  "Je vois beaucoup de femmes qui s’entraînent tous les jours. Je les vois à Pirae ou encore à Punaauia. (…) il faudrait qu’il y ait quelqu’un qui puisse les amener à pratiquer le va’a. Ce n’est pas seulement attirer, c’est surtout les faire s’intéresser, et les faire revenir" encourage la présidente du comité organisateur de la Hawaiki Nui Va’a.

 

 

« L’avenir, c’est la jeunesse »

 

Cette "formule", le président de la FTV Rodolphe Apuarii veut l’appliquer au plus vite dans la politique fédérale de 2021. Grâce à l’emploi de deux cadres chargés des initiations et des entraînements des enfants de 7 à 15 ans, les athlètes de demain pourront être repérés et accompagnés."La fédération tahitienne de va’a organisera des journées récréatives dans la baie de Taaone, auprès des scolaires, aussi bien garçons que filles. Il faudra compter minimum deux ans pour que ça commence à porter ses fruits" ambitionne-t-il.

 

 

Fin d’après-midi au fare va’a de Pirae. Farerua, Tiheni et Rose sont toutes les trois collégiennes. Issues des quartiers de Pirae, elles s’initient au va’a au sein de Ihilani Va’a, club fondé par la famille Wong et qui a célébré ses 40 ans en 2020. "Dans ma famille, certains pratiquent aussi le va’a et en les voyant ramer, ça me ferait plaisir d’être dedans. Ça me donne envie de faire comme eux. On aime la glisse, on aime l’océan, et c’est ce qui nous pousse à aller ramer" sourient les trois adolescentes.

Une convention avec la commune de Pirae

 

Aujourd’hui, la catégorie féminine occupe une place importante de la politique associative, plus encore avec la prise de responsabilités de Vaimiti Maoni, championne de va’a et licenciée depuis plusieurs années au sein de Ihilani Va’a. Son ambition pour cette saison 2021 : relancer les équipes féminines de son club de cœur. Malgré la crise "on fait comme si les courses allaient se dérouler et on continue de s’entraîner. On a plusieurs niveaux et de tous les âges cette année" confie la championne.

 

 

Chaque mercredi, plus d’une vingtaine de jeunes, aussi bien en garçon qu’en fille, se consacrent au va’a grâce au club de Ihilani Va’a. Un véritable "programme" a été fixé par les éducateurs et tout cela est encadré par une convention entre le club et la commune de Pirae. Gary Wong, le président et entraîneur est ambitieux. Selon lui, l’avenir se prépare avec les jeunes. "La formation, c’est la base" comme on dit. "On a ciblé des jeunes de 13 à 19 ans dans l’optique des championnats du monde de vitesse à Londres en 2022. (…) L’objectif, c’est que les filles deviennent autonomes, car il ne faut pas toujours compter sur les garçons pour attacher, porter leur va’a. Mais je dois dire qu’aujourd’hui, elles m’épatent", conclut le fils du fondateur de Ihilani Va’a, Ah Soy Wong.

 

 

L’enthousiasme se ressent tout autant avec Vaimiti Maoni : "Si les filles ne sont pas bien encadrées, elles abandonnent le va’a, mais ce n’est pas mon but. Au contraire ! Il faut faire en sorte que le va’a féminin soit au top !"

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