Arutua : le navire échoué toujours sur le récif, pour combien de temps ?

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navire Arutua
©Polynésie la 1ère
A Arutua, aux Tuamotu, le navire de pêche taiwanais gît toujours sur le récif, à l'ouest de l'île. Echoué depuis le 21 mars dernier, il est au coeur d'une bataille judiciaire entre son propriétaire, les associations environnementales et le Pays. Le dénouement de cette affaire est loin d'arrivé...
Le navire n'a pas bougé d'un centimètre, si ce n'est qu'il commence à pencher à babord. Les dégâts environnementaux s'accumulent sous l'eau et donnent naissance à de nouveaux spécimens peut être toxiques. "Il faut analyser pour dire que c'est toxique (...) Il y a seulement dans cette partie de l'environnement du bateau qu'on trouve ces algues (...) Le récif est mort et ces algues donnent vie", constate Kelly Fareata, habitant de l'île. 

Les habitants craignent pour leur garde-manger. Les poissons perroquets migrent par milliers dans le lagon à la nouvelle lune du mois de septembre, la pêche risque d'être moins bonne cette année. "C'est notre grande inquiétude. Ce bateau qui est coincé sur notre récif risque de détruire ce lieu de passage de pêche des poissons perroquets", confie Henere Parker, pêcheur de Arutua.
 

"Faire le nécessaire avant que l'irréparable arrive"


Depuis le mois de juillet, un arrêté municipal interdit l'accès au navire. Des gaz toxiques s'en dégagent, une association de protection de l'environnement s'est montée juste après l'échouage du bateau. L'objectif : faire entendre leur voix. "Faire le nécessaire avant que l'irréparable arrive, c'est-à-dire que le carburant restant ne se déverse ni en dehors ni à l'intérieur, surtout, de notre lagon (...) Toute notre vie est tournée vers les ressources de la mer", souligne Florina Bellais-Rehua, membre de l'association "A pāruru ana'e i te arutaimarvea no Arutua".

Le Pays s'est aussi porté partie civile. Dans une ordonnance, le tribunal administratif a condamné le propriétaire a payé une astreinte d'un million de Fcfp par jour pour non retrait et non dépollution du navire. "A la fin août, nous sommes à 120 millions de Fcfp de coût pour le propriétaire du navire (...) A terme, le coût pour la société sera important", prévient Jean-Christophe Bouissou, ministre en charge des transports interinsulaires. A ce jour, pas un seul franc pacifique n'a été versé dans les caisses de la Polynésie française. L'armateur, qui souhaite récupérer son navire, a fait appel du jugement.
 
©polynesie

Retrouvez le dossier spécial sur ce navire qui sera diffusé dans votre émission Vevo sur Polynésie la 1ère, le 23 septembre prochain.