Lucie Ignace, à une marche du rêve

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Lucie Ignace
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Lucie Ignace va participer samedi à la finale des -55 kg pour ses premiers Mondiaux. A 19 ans, elle était venue chercher l'or à Paris, pour le décrocher elle devra battre la championne d'Europe en titre, la Croate Jelena Kovacevic.
"Si on est en finale, c'est que ça a été". Georges Hafizou, l'entraîneur de Lucie Ignace au Bras Panon est satisfait. Sa protégée s'est qualifiée pour la finale de ses premiers championnats du monde. A bientôt 20 ans, elle est en passe de réaliser son rêve, devenir championne du monde. Jeudi, pour son entrée en lice, elle a pourtant du se coltiner "deux gros morceaux", selon son coach. La Brésilienne Valéria Kumizaki, troisième aux Mondiaux de 2008, et surtout la Japonaise Miki Kobayashi, championne d'Asie et du monde en titre. Ces deux succès (8-0 et 3-0) lui ont "coûté beaucoup d'énergie, notamment au niveau de la concentration, elle avait moins de jus ensuite, elle est allée chercher sa qualification avec les tripes", explique-t-il. Mais un titre mondial ne se conquiert pas facilement et la Réunionnaise a du repartir au combat contre la Bosniaque Dzidic au troisième match. Un duel "bien géré" remporté sur la plus petite des marques (1-0), mais qui a suffi pour se qualifier en quarts de finale. Face à la Turque Yenen, elle a rapidement été menée 3-0 avant de voir les juges sanctionner et disqualifier son adversaire pour quatre fautes. Une décision que le clan turque a évidemment protesté. Georges Hafizou, lui, ne souhaite pas polémiquer. "C'est le règlement, il faut l'accepter", commente-t-il simplement. Cette baisse de régime qui a fallu coûter très cher à Lucie Ignace, son coach se l'explique : "Il y a des éléments qu'on n'avait pas pris en compte. La salle d'échauffement est confinée et on passe directement au brouhaha de la foule, c'est stressant. Elle était stressée à chaque début de combat. Le chemin est aussi un peu long pour rejoindre cette salle depuis le tatami, ça a pu jouer". Il appuie aussi, sourire dans la voix, sur un petit détail, le poids. "Il faut être au poids (55kg maximum pour Lucie Ignace) le jour de la pesée et 3 jours avant, elle avait encore deux kilos en trop. Elle s'y est pris au dernier moment pour les perdre et donc elle avait moins de jus", précise-t-il.

Repos
En demi-finale, sa victoire contre la Kazakh Zakharova a été plus tranquille. Deux touches à zéro. Si elle ne réalisait pas trop juste après sa qualification, elle a profité de la soirée pour prendre la mesure de l'exploit. "On essaye de relativiser, tempère toutefois Georges Hafizou, car une finale ça se gagne". Ce sans-faute jeudi n'est pas un accomplissement, mais une étape vers le trône mondial. Dernier obstacle avant l'or, la Croate Jelena Kovacevic qui l'avait dominé lor du troisième match du dernier championnat d'Europe à Tenerife, qu'elle avait remporté. Georges se souvient : "Kovacevic l'avait battue 2-0. C'était le troisième match et avec la différence d'age - Lucie a presque 10 ans de moins - et son déficit d'expérience, j'avais trouvé qu'il y avait de quoi être satisfait". Il doute que l'histoire se répète. "Lucie a repris des forces. Elle est à l'hotel, on s'est parlé, je lui ai dit de manger alors qu'elle n'avait pas faim. Aujourd'hui (vendredi, ndlr), elle se repose, se détend et récupère. Demain (samedi, ndlr), ça ne se jouera que sur un combat, elle sera encore plus forte", assure-t-il. "Elle sait que La Réunion la soutient, elle a reçu plein de messages. Je n'ai qu'une chose à lui dire 'donne toi à fond'".Suivez en direct la finale de Lucie Ignace samedi 24 novembre à partir de 15h en direct sur Réunion 1ere (Télévision, radio, internet) suivi des réactions en direct depuis sa ville de Sainte-Rose