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Emplois verts : enjeux et manipulation ?

Le collectif des emplois verts en danger qui occupait la Région a quitté l'enceinte de la collectivité. Les membres de ce collectif avaient ordre de quitter les lieux sous peine de devoir payer 500 euros par heure de présence. Sur fond d'opposition politique, les précaires désespèrent...

© Réunion 1ère
© Réunion 1ère
  • Par Erwann Ponnet
  • Publié le , mis à jour le
"Le Président de Région disait que 700 contrats, ce n'était pas suffisant pour assurer le dispositif emplois verts. Le Pôle Emploi a dit qu'il pouvait donner 900 contrats supplémentaires, et face à ce chiffre qui couvre les besoins, la Région ne répond pas". Pour Jean-Hugues Ratenon, cela ne fait plus aucun doute, la collectivité régionale s'inscrit dans une logique purement politicienne (d'opposition au gouvernement) et utilise la détresse des emplois verts. Selon le président de l'ARCP, les élus de la Région ont décidé d'utiliser la justice plutôt que le dialogue social.

Manifestation, occupation et référé

Il est 13 heures, ce mercredi 13 février, lorsque la quinzaine de membres du collectif des emplois verts en danger décide de libérer les lieux. Il vient de leur être signifié l'ordre de quitter l'enceinte de la Région sous peine de devoir verser une amende de 500 euros par heure de présence. Le référé en justice est clair : rétablir la libre circulation aux abords et dans l'enceinte du conseil régional.
Depuis 8 heures du matin, ils étaient une trentaine devant les grilles de la collectivité. Ces manifestants ont bloqué les grilles avec des chaînes avant de pénétrer dans la cour et d'occuper les escaliers de la pyramide inversée.
Pour les représentants de l'ARCP, l'action de ce mercredi est la suite logique de l'occupation du Pôle Emploi de Saint-Benoît en fin de semaine dernière. Malgré les 900 contrats supplémentaires obtenus, ils ont l'intime conviction que la Région joue "un jeu politicien".

La Région "n'acceptera aucune intimidation"

En réponse, la Région Réunion indique, dans un communiqué, être depuis 2010 "fortement engagée pour l’emploi des Réunionnais, à travers les grands chantiers lancés, le plan de relance, les aides nouvelles de soutien à l’activité économique… mais aussi des dispositifs utiles comme : les emplois verts, le POP, les bourses"…
La collectivité confirme que les engagements pris devant les Réunionnais "sont et seront respectés parce qu’ils sont la seule voie de sortie de crise pour La Réunion".
Cependant, elle affirme également qu'elle "n’acceptera aucune intimidation. Et les actions de l’ARCP et les tentatives de manipulation d’une partie de l’opinion publique ne modifient rien la  détermination de la collectivité à porter un projet pour La Réunion." Enfin, sur la question en particulier des emplois verts, le communiqué précise que le Président de Région s’est engagé sur 2500 contrats par an sur l’ensemble de la mandature, "dans des conditions financières acceptables".
Fin janvier, des représentants du collectif "emplois verts en danger" avaient été reçus par la Région qui déclarait, alors, "attendre la confirmation par le gouvernement de la notification d'une enveloppe de contrats aidés" pour La Réunion.

Dans ce dossier des emplois verts, la Plateforme des Associations d'emplois verts, entre en jeu et menace également de durcir le mouvement. Mais pour son représentant, Gérard Agathe, l'ARCP et Jean-Hugues Ratenon, se trompent de cible : "ce n'est pas à la Région qu'il faut s'attaquer car c'est à l'Etat de transmettre les contrats". Comme un soutien au Président de Région, Gérard Agathe estime en effet que l'Etat veut remplacer les emplois verts par des contrats d'avenir que les collectivités (Région, Municipalités et Département) ne parviendront pas à financer.

Le communiqué du collectif des emplois verts en danger

Le communiqué de la Région Réunion


Convention Saint-Denis - Pôle Emploi

Après Saint-Paul, la municipalité de Saint-Denis a décidé de confier à Pôle Emploi la gestion des 600 contrats aidés de la commune.

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