Français lynché à Madagascar : ni pédophilie ni trafic d'organes

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Madagascar : Nosy-Bé
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L'enquête, menée en France sur l'un des deux Français lynchés sur l'île de Nosy Be par une foule en colère, est formelle : "Aucun élément confortant la rumeur de pédophilie ou de trafic d'organes d'enfants n'a été découvert", révèle le parquet de Bobigny.
Mort pour rien ? Lynché par une foule en colère qui le pensait pédophile, ou trafiquant d'organes... Sébastien Judalet n'avait, semble-t-il, rien à se reprocher. C'est ce qui ressort de l'enquête menée en France sur l'un des deux Français lynchés à mort, le 3 octobre dernier sur l'île de Nosy Be, à Madagascar.
 
Les gendarmes de la section de recherches de Paris, en charge des investigations, ont épluché les comptes bancaires, les connexions Internet et les disques durs de ce Français de 38 ans. Rien de compromettant n'a été trouvé.
 
Conducteur de bus à la RATP, S. judalet était en vacances, lorsqu'il a été pris à partie par la foule, avec un ami franco-italien et un Malgache. La population, déchaînée, les avait accusés d'avoir tué un enfant, et les soupçonnait de pratiques pédophiles. Leurs corps avaient ensuite été brûlés.
 
"Rien qui permettre de mettre en doute la moralité"
 
Le parquet de Bobigny conclut : "Aucun élément confortant la rumeur de pédophilie ou de trafic d'organes d'enfant n'a été découvert. (...) Rien qui permette de mettre en doute la moralité de Stéphane Judalet, ni aucune activité en lien avec du trafic d'organes, n'a été trouvé."
 
L'enquête française n'en est qu'à ses débuts. Une perquisition a eu lieu à son domicile, à Montreuil, ses proches ont été interrogés. Mais les gendarmes n'ont pas encore pu se rendre à Madagascar - les procédures de coopération judiciaire sont très lourdes.