Assises : les victimes du docteur Roche parlent et l’accusent

justice
Cour d'appel
Lors de la seconde journée d'audience du procès pour viol et agression sexuelle de Jean Roche, les victimes ont bouleversé l'assistance en racontant leur calvaire. ©Réunion 1ère
Jean-Joseph Roche, ophtalmologue, est jugé depuis mercredi pour viols et agressions de mineurs de 15 ans. Dix ans après les faits les victimes parlent et accusent le médecin.
Le second procès du docteur Jean-Joseph Roche ne se passe pas vraiment comme l’accusé l’avait imaginé. La journée de jeudi a été particulièrement difficile pour l’ophtalmologue. Après son ex-épouse accusée de corruption de mineure pour être suspectée d’avoir aidé le praticien à abuser de jeune fille mineure, c’est la quatrième plaignante qui a enfoncé la défense du médecin.
« Quand j’ai rencontré le docteur Roche je ne voyais presque plus rien », relève notre consœur du Quotidien : « Je ne voulais pas perdre la vue. Jean Roche m’a dit que si je voulais qu’il me soigne, il fallait que je couche avec lui ! ». La victime témoigne à distance et en visioconférence cependant cette phrase va raisonner longtemps dans la salle d’audience de la cour d’assises. Surtout que la jeune femme a accepté de rompre le silence pour la première fois. Sans haine, elle raconte et poursuit son récit malgré les négations des deux accusés. Elle ne se recule pas et termine en s’adressant à l’ex-épouse qui l’avait obligé à avoir des rapports avec elle : « Ne serait-ce que pour avoir la conscience tranquille tu devrais dire la vérité ».
 
Victime d’un piège, d’un complot
 
 
Lundi, l’avenir du docteur Roche dépendra essentiellement de son avocat. Les parties-civiles vont pouvoir s’appuyer sur les témoignages des quatre victimes et surtout de la dernière jeune femme à avoir témoigné. Mercredi la théorie du complot et du piège était encore audible, mais ce jeudi même le président de la cour d’assises s’est interrogé à haute voix quand divers éléments troublants ont été évoqué (un commentaire tendancieux sur son ordinateur personnel ou des préservatifs dans la poubelle de son cabinet de médecine) : « Vous croyez vraiment à ce que vous dites. A vous entendre, il n’y a que des gens qui vous en veulent ».
En fin de journée, les deux experts psychologues ont eu l’effet d’une bouffée d’oxygène pour le docteur Roche qui n’ont pas décelé chez leur confrère de symptôme particulier, se bornant à signaler : « Des hommes attirés par les jeunes filles passé un certain âge, c’est banal, surtout à Madagascar »…   
Le verdict sera rendu lundi. Il y a un an, Jean-Joseph Roche avait été condamné à 8 ans de prison.
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