Assises : deux meurtriers qui voulaient se défendre et un ex-mari auteur d’une amputation

justice
Hall cour d'appel
©Réunion 1ère
Les jurés de cette neuvième session d’assises de l’année se prononceront, cette semaine, sur le sort de trois hommes. Deux sont poursuivis pour des meurtres et le troisième pour avoir mutilé son ex-compagne. Paradoxalement, cette troisième affaire est la plus compliquée pour la défense.
Face à la cour d’assises, les dossiers criminels sont parfois plus faciles à plaider que les dossiers de violences avec arme. Paradoxal ? Pas vraiment.
La session débute, ce lundi, par un meurtre. Le 22 février 2012, il est un peu plus de 20 heures, Thierry Fontaine, 19 ans, est pris en charge par les secours au niveau de la gare routière de Saint-Joseph. Il a été touché à la carotide. Il décéde le lendemain à l’hôpital.
Tout a débuté deux heures plus tôt, un premier « ralé-poussé » a opposé Cédric Huet, l’accusé, à un groupe de jeune. L’homme de 33 ans suspecte l’un d’eux d’être l’auteur d’un vol dans une case qu’il gardait.
Le second round suit rapidement. Cette fois, le trentenaire est devenu la cible. Il se retrouve par terre entouré par le groupe de jeunes. Dans un réflexe de défense, assure-t-il, il sort son couteau et donne des coups à l’aveugle. L’un d’eux vient trancher la carotide du futur père de famille. Une version crédible selon le médecin légiste qui devra convaincre la cour d’assises.
 
La fille congèle la main
 
Mercredi, les jurés vont être plongés au cœur d’une séparation qui tourne mal.
Gilbert Grondin, 46 ans, comparaît pour avoir sectionné la main de Bénédicte Niclin. La scène s’est déroulée, le 5 septembre 2011, chemin du Verger dans le quartier du Barrage à La Saline-les-Hauts.
Ce jour là, alors que le couple ne partage plus que le toit de la petite case, Gilbert Grondin ne supporte pas l’officialisation de leur séparation. Il saisit un sabre et se dirige droit sur sa victime qui a tout juste le temps de se protéger avec son bras.
La fille du couple a assisté à cette tragédie. Elle récupère la main sectionnée et la met au congélateur. Un réflexe qui a permis une greffe.
Gilbert Grondin sera jugé pour tentative de meurtre. Depuis son arrestation et son incarcération, l’accusé se confond en excuses. Reste à savoir s’il regrette son geste ou s’il regrette d’avoir commis un acte qui le prive désormais de liberté.
 
Un coup de pied fatal
 
Pour cette fin de semaine, les assises accueillent une nouvelle fois, l’affaire Ah-Yong. En février dernier, le jeune homme avait été acquitté par les jurés alors qu’il était poursuivi pour violence volontaire ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.
Le contexte est très important dans ce dossier.
Nous sommes le 27 février 2011 dans le quartier de Plateau-Goyave à Saint-Louis. La mère de l’accusé et un voisin, Jean-Claude Salomon s’invectivent depuis de longues minutes.
Des insultes et même des jets de galets ont déjà eu lieu quand arrive Grégory Ah-Yong. En constatant que la situation est tendue et peut dégénérer, il intervient pour séparer les belligérants. Pour repousser, Jean-Claude Salomon, l’accusé, donne un coup de pied au voisin. L’homme tombe lourdement, la tête heurte un muret de béton. Une chute mortelle.
Le parquet a fait appel du premier jugement estiment que le prévenu doit être condamné. 
  
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