Après les sévères critiques de la Cour des Comptes, la riposte de Didier Robert

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Façade Conseil Régional
©Réunion 1ère
"Paris met en œuvre une véritable politique de casse des outre-mer et ose se poser en donneur de leçon vis-à-vis des politiques locales" Conclut le Président du Conseil régional dans un communiqué suite à la publication du rapport de la cour des comptes sur le tourisme outre mer.
Communiqué du président du Président de la Région
 
La Cour des Comptes remet en cause la défiscalisation outre-mer
 
Le rapport public annuel de la Cour des Comptes 2014 vient d'être publié ce mardi 11 février.
 
Dans sa partie consacrée au Tourisme en outre-mer, Les hautes têtes pensantes en matière du Tourisme délivrent les bons points et les punitions
Alors même que se tiennent les Assises Nationales du Tourisme, alors même que le Tourisme est déclaré cause nationale par le Président de la République ce rapport vient discréditer les efforts que chacun et notamment les élus mène sur le terrain au plus près des populations pour mobiliser, fédérer autour d'un projet partagé du développement du Tourisme
La Cour des Comptes a rendu un rapport littéralement à charge contre l'action des collectivités territoriales qu'elle qualifie ni plus ni moins d'inefficace.
Le coup de grâce est donné par la dernière ligne du document qui par laquelle la Haute Instance "suggère" à l'Etat de supprimer la défiscalisation en faveur des investissements productifs
 
I/ L'action de la Région Réunion depuis 2010 est déterminante pour le tourisme ….
 
Identifié comme levier exceptionnel de croissance par la mandature, le tourisme est identifié comme secteur prioritaire dès 2010 par la Région Réunion.
 
L'enveloppe budgétaire régionale consacrée au tourisme est ainsi passée de 17,9 M€ en 2010 à 23,4 M€ en 2013.
 
Cet effort porte ses fruits tant d'un point de vue de l'amélioration de l'offre que de la fréquentation touristique  :
 
•          s'agissant de la fréquentation : après un record d'affluence en 2011 (471 268 touristes), la fréquentation touristique de la Réunion s'est établie en 2012 à 446 500 touristes, chiffre supérieur toutefois à 2010 (420 325 touristes). L'île a connu une augmentation des touristes en provenance de la zone Océan Indien (+ 8,5 %) tandis que le tourisme affinitaire s'est maintenu (210 000 touristes en 2012 contre 211 000 en 2011).
 
•          s'agissant de l'amélioration de l'offre : les dispositifs d'aides européennes et régionales combinés à la défiscalisation et à la LODEOM permettront de créer 548 chambres et de rénover 285 .
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Ces résultats très encourageants malgré le contexte de crise nous convainquent de poursuivre les efforts entrepris selon 3 axes stratégiques :
 
•          le partenariat entre les acteurs publics et privés dans un esprit de tourisme partagé ;
•          la mobilisation de moyens en faveur de l'amélioration quantitative et qualitative de l'offre touristique ;
•          la coopération avec les Iles voisines.
 
II/ ….Alors que l'Etat mène une politique systématique d'entrave contre le développement touristique ultra-marin
 
Le rapport de la Cour des Comptes omet de signaler les freins directement actionnés par l'Etat qui mettent en péril les efforts des collectivités territoriales et des opérateurs privés.
 
            Une politique des visas bloquante
 
Les formalités liées à l’obtention des visas pour séjourner dans l’île constituent un véritable frein à l’arrivée de visiteurs étrangers.
 
Malgré les demandes persistantes et inlassablement répétées des élus locaux, le Gouvernement persiste à ne pas ouvrir les frontières à nos marchés émetteurs les plus prometteurs : Inde, Chine, Corée du Sud, Australie …
21 ans ont été nécessaires pour que les touristes sud-africains soient dispensés de visas pour les courts séjours à La Réunion !
Le risque migratoire mis en avant par les autorités est largement surestimé dans une île dont les frontières sont naturellement protégées par l’océan et l’éloignement des territoires à risque.
 
Cette politique des visas va à l'encontre de la nécessité de diversification des clientèles touristiques pourtant mise en avant dans le rapport et alors même que l'expérience menée avec l'Afrique du Sud a démontré l'effet immédiat d'un assouplissement de la politique des visas (+33 % de vente sur la seule ligne Air Austral Réunion/Afrique du Sud).
 
Nous pourrions continuer cet inventaire à la Prévert en évoquant la gestion calamiteuse par l'Etat des crises du Chikungunya et du risque requin, les lenteurs de Berçy dans le traitement des dossiers de défiscalisation, le gel d'un foncier stratégique d'intérêt touristique en zone balnéaire  mais il serait trop long de s'étendre sur les manquements de l'Etat.
 
Nous ne pouvons accepter de nous laisser dicter nos faits et gestes par des penseurs parisiens posés en donneurs de leçon et totalement déconnectés des réalités de nos territoires.
 
Forts de notre bilan en matière de tourisme, nous persisterons dans nos efforts pour offrir à La Réunion de véritables chances développement :
 
A l'heure où l'union sacrée est plus que de rigueur dans un contexte de crise devenu chronique, Paris met en œuvre une véritable politique de casse des outre-mer et ose se poser en donneur de leçon vis-à-vis des politiques locales, à moins que tout cela n'avait pour but que de donner une justification au gouvernement pour remettre en cause une nouvelle fois le principe de la défiscalisation.