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Les frégates dorment en volant ! Une découverte des chercheurs sur les îles Eparses

Les îles Eparses sont des sanctuaires réservés aux chercheurs. Les résultats de leurs derniers travaux viennent d’être publiés. La pollution humaine touche ces îles isolées, les colonies de sternes fuligineuses diminuent et les frégates dorment en l’air.

© D.R
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  • Par Fabrice Floch
  • Publié le
Depuis 1975, les îles Eparses (Ndlr : Glorieuses, Juan-de-nova, Bassas-da-India, Europa et Tromelin) sont des confettis sanctuarisés. Seuls les chercheurs accrédités par le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) peuvent se rendre sur place pour effectuer quelques prélèvements très encadrés. Lors de leurs dernières missions, ils ont constaté que l’éloignement de ces îles ne protège pas la biodiversité. Ils ont effectué des prélèvements de bactéries à Juan-de-Nova et à Mayotte pour les comparer nous explique Science et Avenir. Les polluants chimiques comme les antibiotiques voyagent et se propagent très facilement dans l’eau. Les premières études ne sont pas encourageantes. Elles démontrent la très grande sensibilité des micro-organismes à la présence des nutriments.
 
1,5 millions de couples de sternes en moins en dix ans
 
Les îles Eparses, de part leur protection et leur éloignement, accueillent 40% des oiseaux marins de l’océan indien occidental. Leur population est dépendante des changements climatiques et de l’abondance de poissons.
La population de sternes fuligineuses sur Juan-De-Nova était d’1,9 millions de couples en 2003. Elle n’est plus que de 446 000 couples dix ans plus tard.
El-Niño, les chats et les rats pourraient expliquer en partie la baisse brutale du nombre de couples.
Autre découverte, les frégates dorment en volant. Les chercheurs ont équipé des oiseaux marins pour comprendre leur fonctionnement. Les frégates, oiseaux marins, se nourrissent sans jamais toucher l’eau et peuvent dormir en volant. Elles montent à 1500 mètres, déploient leurs grandes ailes face au vent, s’immobilisent, leur cœur ralenti au minimum et s’endorment.
«  Cet apport de connaissance scientifique devait permettre de renforcer les mesures de préservation de cette biodiversité unique et d’établir les premières orientations de gestion » explique à Science et Avenir, Cédric Marteau, le Directeur de la Conservation du Patrimoine Naturel des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF ) et chef de mission lors de l’expédition en 2011.

 

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