Mouchin se souvient de l’abbé Monnet, l’un des pères de l’abolition de l’esclavage à La Réunion

histoire
Abbé Monnet
©Fabrice Floch
Un maire Front National s’est illustré le 10 mai dernier en refusant de célébrer l’abolition de l’esclavage. Près de 200 ans se sont écoulés depuis Schoelcher ou l’abbé Monnet, les précurseurs métropolitains de la lutte contre le racisme. Une lutte toujours d'actualité...
Le buste a été inauguré en 2005 le long de la route nationale 1 juste avant le cimetière marin de Saint-Paul. L’abbé Alexandre Monnet, illustre prêtre originaire du Nord de la France, arrive à l’île Bourbon (Ndlr : future île de La Réunion) en 1840. Très naturellement, il s’intéresse au plus démunis et donc aux esclaves. Sept ans passent, l’homme d’église dénonce les thèses racistes et conteste le système colonial en vigueur. Il est expulsé de l’île en 1847.

De retour en métropole, il rencontre Victor Schoelcher et s’engage dans le courant abolitionniste qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Un an plus tard, l’abbé Monnet est nommé supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit par le pape Pie IX, puis évêque. Il est décoré de la légion d’honneur par Louis-Philippe en personne. L’homme d’église va retrouver l’océan Indien de Madagascar à Mayotte, peu de temps. Victime d’une forte fièvre, il décède sur l’île hippocampe en 1849.  
 
Hommage aux premiers abolitionnistes
 
Cinq bustes de cet homme du Nord rappellent sa lutte contre l’esclavage. Si quatre sont installés à La Réunion, un trône devant le centre culturel de Mouchin, non loin de Lille, dans le Nord de la France à quelques kilomètres de Villers-Cotterêts dirigée, depuis peu, par un maire FN.

Pour Jacques Mailhez, ancien premier magistrat de cette commune, cet hommage était évident : « On a pensé que c’était une bonne chose de le baptiser en lui donnant le nom d’un enfant du pays. Je suppose que les Mouchinois savent désormais qui c’est et ce qu’il a fait mais l’intérêt est un peu retombé depuis l’inauguration. On pourrait peut-être imaginer une petite cérémonie, à l’avenir, le jour de la journée de l’abolition... ». Confie-t-il à nos confrères de La Voix du Nord.

A l’heure où un maire de France s’illustre en refusant de célébrer le 10 mai, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage, d’autres en profitent pour rendre hommage aux grands hommes de leurs régions qui se sont battus pour mettre fin à cette abomination historique.
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