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Football : l’élection du président annulée, un vice-président en correctionnelle

La chambre d'instruction de la cour d’appel renvoie Jacky Amanville, ex-vice-président de la ligue de football, devant le tribunal correctionnel pour tentative de corruption. Un nouveau coup dur pour la ligue réunionnaise après l’annulation de l’élection de son président.

© FRED DUFOUR - AFP
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  • Par Fabrice Floch
  • Publié le
A l’heure ou les scandales éclatent au sommet du foot national, les acteurs du ballon rond « peï » ne veulent pas rester sur la touche.
Mardi, les magistrats de la chambre de l’instruction ont ordonné le renvoi de Jacky Amanville devant le tribunal correctionnel pour tentative de corruption.
La justice lui reproche d’avoir voulu acheter le gardien de but de l’Excelsior. Des faits qui remonteraient au 15 Novembre 2009.
Ce jour-là, le présumé corrupteur aurait proposé 500 Euros au portier Saint-Joséphois pour permettre aux adversaires du jour, le CO Terre-Sainte, de se maintenir. Finalement, les Saint-Pierrois se sont inclinés et sont descendus d’une division.
 
Piégé par un enregistrement
 
Quelques jours plus tard, le joueur de Saint-Joseph s’est confié à son entraîneur. Nicodème Boucher lui a demandé de recontacter Jacky Amanville.
L’ancien vice-président de la ligue réunionnaise de football, bras droit d’Yves Ethève, le président, n’a pas vu le piège se refermer sur lui. Au fil de la discussion, son interlocuteur revient sur l’épisode du 15 Novembre et fini par lui faire dire qu’il a été : « couillon » de refuser 500 Euros.
 
Corruption ou social ?
 
Pour sa défense, le mis en cause, signale que les dirigeants du football local aident régulièrement les joueurs : « en tant que dirigeant ont fait du social. Ça arrive de donner 50 ou 100 Euros à un joueur pour l’aider. C’est tout, il n’y a pas de corruption là-dedans ».
 
Nicodème Boucher, alors entraîneur de l’Excelsior, auteur de la plainte, ne partage pas la même lecture. La frontière entre aide et corruption est très ténue. Des dysfonctionnement maintes fois dénoncés par les opposants à la direction de la ligue réunionnaise de football.

Autre point noir pour la ligue, l’annulation de l’élection d’Yves Ethéve pour falsification d’un procès verbal lors de l’élection le 4 Novembre 2012. Président de la LRF depuis 30 ans, il reste l’homme fort de cette institution, cependant cette décision n’est que la première étape du marathon judiciaire qui se profile à horizon.
 
La boite de Pandore est ouverte
 
Cette première victoire des contradicteurs devant le TGI de Saint-Denis et le renvoie devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre du bras droit du président va délier les langues. Déjà, la fin de saison 2014 s’est achevée sur des bruits et des rumeurs laissant penser que la boîte de Pandore est maintenant ouverte.
Une partie de l’équipe de Goumane Gangate opposant avéré à Yves Ethéve avait été décapitée et interdite d’exercice; la commission disciplinaire de la ligue ayant jugé que ces derniers avaient tenu des propos diffamatoires à l’encontre de l’organisme. Des sanctions d’autant plus contestables que la justice n’a jamais été saisie et n’a pas eu l’occasion de se prononcer sur le sujet.
 
 
En clair, une fois l’aventure de la Saint-Louisienne en coupe de France terminée, il sera beaucoup moins question de ballon que de ce qui ne tourne pas rond dans le « foot péï ».

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