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58 % des jeunes Réunionnais de 16 à 29 ans vivent chez leurs parents

Le marché de l’emploi, le manque de qualification, ou la durée des études sont autant d’éléments qui retardent le départ du domicile familial. En 2011, 58 % des jeunes de 16 à 29 ans vivaient toujours au domicile de leurs parents.

© Philippe Hoareau
© Philippe Hoareau
  • Par Fabrice Floch
  • Publié le , mis à jour le
L’Insee et la région ont voulu avoir une photographie objective de la jeunesse réunionnaise. En 2011, sur les 166 600 jeunes âgés de 16 à 29  ans, recensés à La Réunion, 58 % vivaient toujours au domicile de leur(s) parent(s). Outre le marché de l’emploi qui s’est terriblement compliqué depuis 2006, et la durée des études qui s’allonge, il faut prendre en compte l’affect, la facilité, le confort ou l’aide financière apportée par le ou les parents.  
 
L’étude met également en exergue que ce phénomène touche les jeunes sans diplôme dont les parents ne travaillent pas (46 % ont des parents en couple et 65 % sont issus d’une famille monoparentale).  
 
Les jeunes en échec scolaire trop nombreux
 
Le diplôme, la qualification sont deux paramètres essentiels du départ du jeune du foyer et de son autonomie.
 
Certes, comme le rappelle l’Insee, désormais « 66 % d’une génération accède au Bac en 2011 contre 50 % dix ans plus tôt. 17 % ont obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur contre 10 % en 1999 ».
 
Cependant, il ne faut pas oublier que « 38 500 jeunes Réunionnais sont sortis du système scolaire sans diplôme en 2011 soit 1 sur 3. Le taux de chômage des jeunes Réunionnais est de 46 %, (68 % chez les non-diplômés et de 19 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur) ».
Un chiffre sans égal en France. Hors sans diplôme, les jeunes ne parviennent pas à s’intégrer au monde du travail, à quitter le foyer familial et à prendre leur autonomie.
 
La mobilité : une solution ?
 
La mobilité est donc une opportunité. Selon l’Insee, 29 000 jeunes Réunionnais résident en métropole. 41 % d’entre eux suivent des études, 51 % travaillent contre 46 % des métropolitains de cette même classe d’âge à diplôme égal. A noter également que sur le territoire national, l’embauche des jeunes sans diplôme est de 50 % contre 19 % à La Réunion. Pourtant pour les jeunes Réunionnais, sans diplôme et sans emploi, quitter le cocon familial est compliqué. Les hommes ont généralement 26 ans et les femmes 22 ans. Sans enfant, très peu de jeunes vivent seuls (6 %) ou en couple (8 %) : « entre 16 et 29 ans, quatre mères de famille sur dix élèvent seule leur enfant.
Les garçons qui ont quitté l’école et sont au chômage vivent en majorité chez leurs parent 6 sur 10 ».
 
La recherche d’emploi est usante
 
L’autonomie est souvent liée à l’accès au marché du travail. L’un des freins à La Réunion est le taux élevé de jeunes en échec scolaire 32 % des jeunes filles et 39 % chez les jeunes hommes. Le décrochage scolaire est souvent lié au niveau d’illettrisme 14 % chez les 16/29 ans en 2011 contre 5 % en métropole.
 
Sur un marché de l’emploi saturé, les jeunes peinent à décrocher un poste. Ainsi 46 % contre 16 % de cette tranche d’âge est au chômage. Les femmes, bien que plus diplômées, sont encore plus touchées (49 %) contre (43%) chez les hommes.
 
Après quelques années passées dans les pôles emplois ou à feuilleter les offres dans les journaux le découragement pointe, 37 % des chômeurs reconnaissent en plus y croire.
 
Le diplôme est la clef du travail
 
Les étudiants réunionnais titulaires de diplômes universitaires (niveau licence ou plus) ont 4,4 plus de chance d’obtenir un emploi que les non diplômés. Ce ratio est de 1,7 % en métropole. A La Réunion, trouver un emploi sans diplôme est une gageure. La main d’œuvre non-qualifiée pullule, ce constat est facile à confirmer. Depuis 2006 est le ralentissement économique leurs chances de décrocher un emploi localement se sont amoindries. A contrario, en France métropolitaine, où un jeune sur deux sans diplôme parvient à trouver un job.
 
Le départ de chez les parents est aussi retardé par les emplois précaires. Un jeune salarié sur deux est sous contrat de courte durée quand il n’est pas passé par une « boîte » d’intérim. 71 % d’entre eux sont embauchés temporairement par la fonction publique territoriale (mairie, département, région).
 
Conséquence de cette photographie de l’emploi des jeunes Réunionnais âgé de 16 à 29 ans, 72 800 d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté fixé à 935 euros par mois.


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