Assises : 30 participants au lynchage d’une victime. 5 accusés, 7 ans plus tard

justice
La salle d'audience des assises
©Nadia Tayama (Réunion 1ère)
Troisième journée du procès d’assises du lynchage de Jordan Rodony. Les cinq accusés ont participé au lynchage, mais nient être responsable du handicap de la victime. Pourtant, ils étaient là ce soir de novembre 2009.
Décidément dans cette affaire, seule l’état général de Jordan Rodony, la victime s’améliore. Passé à tabac dans la nuit du 8 au 9 Novembre 2009, le dionysien handicapé à vie, assiste depuis lundi au procès de ses agresseurs. Si lui tient à être présent, debout à la barre du tribunal face à eux, les prévenus tentent de fuir. Le regard, les questions et finalement leur responsabilité dans ce dossier qui ressurgit dans leurs vies 7 ans plus tard.
Mercredi, l’amnésie était contagieuse. Tour  à tour, les cinq prévenus concédaient du bout des lèvres avoir donné un petit coup de pied, une petite claque, mais rien de grave…
Oui, ils étaient parmi les 30, 40 ou 50 personnes qui lynchaient Jordan Rodony sur le parking du complexe sportif de Champ-Fleuri, mais sans plus…
 
Un tchek à la caméra des assises
 
Quatre témoins de cette scène surréaliste ont osé s’interposer et faire barrage de leur corps pour que cessent les coups.
Ils sont venus dire ce dont ils se souviennent. 7 années sont passées et dans le box, il y a un cousin, un voisin, un « ami »… Difficile de confirmer toutes ses déclarations face à ces quatre jeunes hommes…
L’acteur introuvable, qui s’est installé en métropole, est subitement réapparu par visioconférence. Aujourd’hui majeur, il était âgé de 16 ans à l’époque des faits. Il n’en dit pas plus que ses « dalons », en revanche il illustre parfaitement l’attitude de ces jeunes quand, pour saluer ses « amis », il se lève et lance un signe de reconnaissance avec la main.  Il a oublié la caméra qui le relie à la cour d’assises et les spectateurs comme les jurès assistent incrédules à cette scène surréaliste…
Le verdict sera rendu vendredi, il reste 48 heures aux magistrats pour faire la lumière sur cette nuit du 8 au 9 Novembre 2009. 

Ce jeudi matin la victime a clairement désigné ses agresseurs.
Compte rendu d'audience de Nathalie Rougeau.
©reunion