Attaque à Conflans-Saint-Honorine : la Ligue des Droits de l'Homme appelle à se rassembler

terrorisme
violences policières hommage à George Floyd parvis des Droits de l'Homme à Saint-Denis 090620
©Delphine Poudroux
L’attaque qui a eu lieu hier dans les Yvelines, lors de laquelle un professeur d’histoire-géographie de 47 ans a été retrouvé décapité a beaucoup fait réagir. La Ligue des Droits de l'Homme a appelé à se rassembler en soutien aux enseignants le mardi 20 octobre à 18h. 

 
Un professeur d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne a été retrouvé décapité vendredi 16 octobre à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) et son agresseur présumé a été tué à Éragny, dans le Val-d’Oise. L’attaque a été revendiquée quelques minutes après, le parquet national antiterroriste s’est immédiatement saisi de l’enquête. Neuf personnes dont un mineur ont été placées en garde à vue.

Quelques jours plus tôt, la victime avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d’un cours sur la liberté d’expression. Dominique Rivière, président de la Ligue des Droits de l'Homme de la Réunion a appelé à manifester le  mardi 20 octobre à 18h, sur le Parvis des Droits de l'Homme à Champ Fleuri, en soutien aux enseignants.

 Emmanuel Macron s’est rendu sur les lieux de l’attaque, le collège du Bois-d’Aulne. Il a exprimé sa solidarité avec "tous les enseignants de France".
    

De l’émotion et de l’incompréhension à La Réunion  


Omar Issop Banian, secrétaire du groupe de dialogue interreligieux  "ne trouve plus les mots face à ce qui se passe dans notre pays." "S’attaquer à un professeur, c’est une grande souffrance", a-t-il déclaré, en proie à l’incompréhension face à cette situation.

Bernard Hay, président de l’association des professeurs d’histoire géo de l’océan indien est "sidéré" par cette nouvelle.
 

Les professeurs d’histoire-géographie sont en première ligne à travers l’enseignement moral et physique.

Bernard Hay, président de l’association des professeurs d’histoire géo de l’océan


Il rappelle également l’importance de donner aux jeunes "à la fois de l’instruction, des connaissances, du savoir mais aussi  un esprit critique."

De nombreux réunionnais sont également touchés par cet acte. "On est une communauté de paix, témoigne un Dyonisien d'origine musulmane. On a toujours été en paix. La mort de chaque personne sa touche tout le monde c'est normal." Julien, en vacances à La Réunion estime que "ça fais du tord à l'Islam."

On est dans un pays de liberté, chacun pense ce qu'il veut. Chacun sait les valeurs qu'il a en lui et tout le monde ne peut pas aimer les mêmes choses. Il faut un peu de tolérance. Les gens ne se respectent pas suffisamment en Métropole.

Julien


"En tant que musulmane, je trouve ça désespérant pour l'Islam, déplore une passante. Le vivre-ensemble est complètement gâché par rapport à toutes ces histoires et c'est de plus en plus inquiétant."


Le député Jean-Hugues Ratenon estime que "le professeur qui a été décapité était dans son rôle d’éducation."

Il est de notre responsabilité face à de tels acte d’avoir un soutien total vis-à-vis de tous ceux qui, chaque jour, donnent de leur temps et de leur connaissance à la liberté.

Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion



Didier Robert, a également exprimé sa solidarité envers les proches de la victime.
 

Cet acte d’une violence inouïe s’attaque directement à deux piliers fondamentaux de notre institution: l’Education et la Liberté d’expression. Ces deux valeurs chères à notre République sont indissociables l’une de l’autre, et doivent être préservées coûte que coûte.

Didier Robert, président de la Région Réunion


Dans un communiqué, le président du Conseil Départemental a condamné fermement "fermement ce crime terroriste odieux qui ne trouve aucun fondement dans nos valeurs humaines et qui est une atteinte aux valeurs même de la République". Il a également adressé sa solidarité envers la famille de la victime, "à ses proches et à l’ensemble du corps enseignant".  

 
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