Autisme : des bénévoles réunionnais se forment à la méthode des 3i

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©Réunion La 1ère
Plusieurs dizaines de bénévoles étaient réunis hier à la Rivière des Pluies pour poursuivre leur formation sur la méthode des 3i. Cette thérapie américaine, qui a fait son apparition en France en 2004, vise à aider les jeunes autistes à sortir de leur bulle.
L’association Autisme Espoir Vers l’Ecole (AEVE) a été créée en France en 2005 par Catherine de La Presle dont le petit-fils souffre d’autisme. Refusant les méthodes traditionnelles appliquées pour les enfants souffrant d’autisme, elle part se former aux Etats-Unis au programme « Son-Rise », développé au début des années 1970 par les Kaufman, et qui «  place les parents au centre de leur programme, comme principaux enseignants, thérapeutes et meneurs. »

Catherine de La Presle met ainsi en place une technique appelée les 3i (intensif, individuel, interactif) qui diffère de « Son-Rise » par une prise en charge plus poussive de 40 heures par semaine, du recours plus accru aux bénévoles et du choix d’une déscolarisation de l’enfant autiste tant que celui-ci n’a pas atteint un niveau de développement jugé suffisant. L’objectif de l’association AEVE est de parvenir une rescolarisation progressive des enfants.
 

La méthode des 3i


La méthode est mise en place à domicile, dans une pièce dédiée et spécialement aménagée, et repose sur l’éveil de l’enfant par le jeu, l’échange et la communication. L’enfant joue ainsi 40 heures par semaine, soit 6 heures par jour, encadré par des bénévoles relayés par les parents. Tous s’adaptent au rythme de l’enfant, à ses temps de repos et rien ne lui est imposé si ce n’est la présence d’une personne en permanence pour l’habituer au contact des autres. Les séances sont filmées et décortiquées par un psychologue qui évalue les progrès de l’enfant.

La prise en charge dure en moyenne 3 ans, avant le retour à l’école par étapes. Les enfants suivent d’abord une remise à niveau à domicile avant de se jeter dans le grand bain d’une scolarité normale.  L’association AEVE a formé plus de 13 000 bénévoles depuis 2006 et suivi près de 400 jeunes.
 
Autisme : des bénévoles réunionnais se forment à la méthode des 3i
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Une vingtaine de bénévoles a pu parfaire hier sa formation à La Rivière des Pluies, en présence de Catherine de La Presle. L'association qui recherche actuellement à La Réunion des bénévoles et un psychologue pour mener à bien son action d'aide aux enfants autistes. 

Le reportage de Michelle Bertil et Willy Thévenin:

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Une méthode non reconnue par la Haute Autorité de Santé


Dans un rapport publié en 2012, la Haute Autorité de Santé ne recommande pas la pratique des méthodes « Son-Rise » et 3i. Elle met en cause « l’absence de données sur leur efficacité, le caractère exclusif de leur application et leur absence de fondement théorique ». Toutefois, le rapport précise que « cette position ne doit cependant pas entraver d’éventuels travaux de recherche clinique permettant de juger de l’efficacité et de la sécurité des interventions de développement récent. »

Une question a été posée concernant la méthode des 3i au Sénat en 2017 par Didier Marie, sénateur de Seine Maritime. Dans sa réponse, le Ministère des Solidarités et de la Santé réaffirme la position de l'HAS mais nuance en ajoutant que les associations peuvent se soumettre à une évaluation démontrant la pertinence de leur méthode et "au terme de l'évaluation (si) les données présentées sont jugées probantes la méthode pourra être considérée comme faisant partie des recommandations de bonnes pratiques par les autorités compétentes."

L'AEVE indique que la Fondation Bettencourt Schueller soutient actuellement l'association en vue d'une évaluation. Trois études complémentaires sont également en cours conduite par des chercheurs de l'hôpital la Pitié-Salpêtrière et l'Ecole de psychologues praticiens. 
 

L'autisme en chiffres


Selon les données de la Haute Autorité de Santé, en 2009, la prévalence estimée des personnes atteintes de troubles envahissants du développement (TED) était de 6 à 7 pour 1 000 personnes de moins de 20 ans, soit un enfant avec TED sur 150. Environ un tiers des enfants avec TED a un retard mental associé.
Pour l’autisme infantile, la prévalence estimée est de 2 pour 1 000 personnes de moins de 20 ans. En utilisant les estimations de la population pour la France au 1er janvier 2010, on peut estimer qu'entre 92 000 et 107 500 jeunes de moins de 20 ans sont atteints d'un TED en France, dont environ 30 000 ont un autisme infantile.
 
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