Nouvelle Route du Littoral : pas de livraison avant 2027 ou 2028, un chantier plus cher que prévu et des contentieux

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Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral.
Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral. ©Imaz Press
La Nouvelle Route du Littoral ne sera pas totalement en service avant 2028 et coûtera plus cher que prévu. Le sujet était au cœur de l’assemblée plénière de la Région Réunion, ce mercredi 27 octobre. Le point ici.

Durant cinq heures, un débat sur la Nouvelle Route du Littoral s’est tenu à l’assemblée plénière de la Région Réunion, ce mercredi 27 octobre.

La Nouvelle Route du Littoral qui devait être livrée en 2019 ou 2020 ne le sera finalement pas avant 2028. Elle devait coûter un milliard 600 millions, mais elle devrait coûter plus de deux milliards. "Aucune solution n’est pour l’heure privilégiée pour la fin du chantier", a expliqué la présidente de Région, Huguette Bello. Il n’y a pas eu de vote, ni d’annonce, l’objectif de cette séance était de présenter aux Réunionnais tous les éléments du dossier "en toute transparence" avant de prendre des décisions pour la fin du chantier.

Le décryptage de Jean-Marc Collienne sur Réunion La 1ère :

NRL : l'assemblée plénière extraordinaire ce qu'il faut retenir

Pas de mise en service totale avant 2027 ou 2028

Selon la présidente de Région, Huguette Bello, l’intégralité de la Nouvelle Route du Littoral ne pourra pas être livrée avant, au mieux, 2027 ou 2028.

"Le chantier de la digue entre la Possession et la Grande Chaloupe est à l’arrêt et aucun marché n’a été relancé, assure Huguette Bello. Aucune solution n’a été mise en œuvre pour la livraison de la route en 2023. La précédente majorité ne pouvait ignorer les délais incompressibles de travaux de six à sept ans pour sécuriser une solution et construire la digue. L’engagement pris d’ouvrir la route fin 2021 n’était pas réaliste".

Retrouvez ici la déclaration d’Huguette Bello :

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Avant cela, fin 2022, les automobilistes pourront normalement emprunter le viaduc entre Saint-Denis et la Grande Chaloupe. Soit un an plus tard que prévu, le temps de remplacer 775 acropodes défectueux. La circulation se fera alors sur une NRL sécurisée à 80%.

"Aucune solution privilégiée"

L'avenir du chantier de la Nouvelle Route du Littoral est suspendu aux 2,5 kilomètres manquant, entre la Possession et la Grande Chaloupe. Les élus vont devoir choisir entre trois options différentes financièrement et techniquement.

La première option est celle d’une route en digue telle qu’elle était prévue. C’est l’option la moins chère, autour de 375 millions d’euros, mais la question de l’approvisionnement en roches n’est pas résolue. L’option 2 résout une partie du problème en utilisant des caissons en béton, elle coûte plus chère : 500 millions d’euros. 

Il reste l’option viaduc, dont l’estimation financière est incertaine mais pourrait être autour de 500 millions. Elle présenterait l’intérêt d’un moindre impact environnemental et donc d’un moindre risque de recours.

Découvrez ces quatre options en video :

Vidéo explicative NRL

 

Une facture à plus de 2 milliards

Dans tous les cas, des surcoûts sont estimés à 600 ou 700 millions d'euros sur le budget initial de plus de 1,66 milliards. Le coût total va dépasser les deux milliards, a annoncé la présidente de Région, Huguette Bello.

"La facture finale de la NRL ne doit pas seulement être assumée par le budget régional, assure-t-elle. Les accords de Matignon devront être renégociés".

De nouvelles expertises seront menées avant qu’une décision soit prise. Elle le sera en concertation avec l’Etat dans le cadre très probable d’un nouvel accord. Huguette Bello parle déjà d’un Elysée 1 qui pourrait succéder à Matignon 1 et 2.

Des contentieux

Huguette Bello a également insisté sur la nécessité de régler les contentieux avec les groupements, qui réclament des montants "aussi irréalistes que scandaleux". Elle affirme que la Région ne compte pas payer le milliard d'euros réclamé par le groupement et que des recours en justice sont possibles.

Déjà 797 millions d’euros accordés par l’Etat

Durant cette séance, le préfet de La Réunion, Jacques Billant s’est exprimé pour "réaffirmer le soutien de l’Etat pour mener à terme ce projet indispensable à la mobilité à La Réunion". Il rappelle que "l’Etat a accompagné depuis le début le conseil régional, maître d’ouvrage de la NRL, en apportant une aide financière conséquente de 797 millions d’euros".

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Les débats

Ce matin, l’exposé fait par les services techniques de la collectivité a permi de confirmer que la construction de la NRL, telle qu’elle a été décidée en 2010, nécessitait des roches massives, mais l’ouverture des carrières nécessaires n’était pas actée. L’Etat, par la voix du préfet a assuré que toutes les démarches qui lui incombaient avaient été menées.

L’ancienne majorité accuse les opposants d’avoir empêché ces carrières à coups de recours administratifs et la nouvelle majorité explique aujourd’hui que cette mauvaise gestion a entraîné la situation actuelle et ce chantier arrêté avec 2,5 kilomètres de route manquante. Les débats entre des membres de la majorité, comme Wilfrid Bertile ou Karine Nabenesa, et d’opposition, comme Jean-Jacques Morel et Michel Vergoz, se sont parfois focalisés sur le passé et notamment sur ce choix en 2010 d’abandonner le tram train au profit du nouveau projet de NRL.

Regardez ce reportage de Réunion La 1ère :

Les réactions ont été vives entre l'ancienne majorité de la Région et la nouvelle, sur le sujet de la NRL

L’absence de Didier Robert

Le débat aura été marqué par l’absence de Didier Robert. Au même moment, l’ancien président de Région, annonçait officiellement sur sa page Facebook, son retrait de la vie politique.