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Le CHU en grève à partir de mardi prochain. Huguette Bello interpelle le gouvernement

santé
Inédit… à l’hôpital
CHU de La réunion
Les hôpitaux de St Denis et St Pierre fonctionneront en mode restreint à partir du mardi 28 Février, les opérations urgentes seront certainement reportées. Un préavis de grève illimitée a été déposé par les syndicats.
Le comité technique d’établissement qui réunissait ce lundi partenaires sociaux et Direction a été ajourné.
Les syndicats ont voulu aborder les préconisations du rapport du l’IGAS , l’Inspection générale des affaires sociales concernant les suppressions de postes, le plan social et les économies à faire pour sauver l’hôpital, un rapport qui n’était pas prévu à l’ordre du jour.
La réunion a tourné court. L’intersyndicale CFDT-CFTC-FO-Sud santé et UNSA a décidé de se mobiliser à partir de la semaine prochaine.
En images avec Steve-henry Peeters-Francis Bourgoin-Thierry Custine
©reunion
    

La députée Huguette Bello a posé ce mardi soir une question au gouvernement :

Ma question s’adresse à Mme la Ministre de la Santé et porte sur les menaces qui pèsent sur l’offre de soins hospitalière à la Réunion. Créé il y a seulement cinq ans, le CHU de la Réunion se classe déjà au 10ème rang par son volume d’activités.
 
Depuis 2015, et comme la moitié des CHU, l’établissement de la Réunion est en déficit.
 
En cause, la baisse des tarifs d’hospitalisation mais aussi de manière plus spécifique :
- la non-prise en compte, dans le financement des missions d’intérêt général, des surcoûts Outre-mer.
- le changement de tarification, depuis 2016, pour les patients en provenance de Mayotte qui se traduit par une perte de recettes de 10 millions d’euros.
Sans compter les 8 millions de créances irrécouvrables antérieures au CHU.
 
Pour enrayer cette tendance, le CHU a présenté un plan d’économies sur cinq ans qui garantit la qualité des soins. Le COPERMO vient toutefois d’alourdir ce plan en le faisant passer de 29 à 39 millions. Ce qui suppose la suppression de 250 postes et environ 130 lits en moins.
 
Cette décision est grave.
 
Elle intervient alors que la Réunion compte déjà deux fois moins de lits que la France continentale ou les Antilles, que les dépenses hospitalières par habitant sont plus faibles et que son CHU, ne bénéficiant quasiment pas d’aides à l’investissement, doit assurer seul le financement (200 millions) de trois rénovations lourdes et indispensables.
 
Le CHU de la Réunion ne fait pas partie des établissements que l’État subventionne fortement. Il est à craindre désormais que l’ampleur des efforts exigés ne lui permette plus de faire face à l’augmentation et au vieillissement de la population, à des pathologies chroniques surreprésentées comme le diabète ou encore à des épidémies à transmission vectorielle.
 
Les Réunionnais souhaitent donc savoir quel remède le gouvernement privilégiera pour leur CHU : une discrétion encore plus grande de l’État ou alors une logique conforme à la fois au tout nouveau processus d’égalité réelle et à l’ambitieuse stratégie de santé qu’il a proclamée pour les Outre-mer en 2016 ?

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