Comores : deux ans d'une présidence absolue

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Azali Assoumani, président des Comores
©Boris Vichith/RFI

La manifestation de l'Union de l'opposition des Comores a été interdite pour raison sanitaire. Le président Azali Assoumani a célébré ses deux ans de pouvoir dans le calme. Le chef de l'Etat a déroulé son programme faire de l'archipel : "Un pays émergent à l'horizon 2030". 

"Un pays émergent à l'horizon 2030, respectueux des droits de l'Homme, de l'égalité de genre, promouvant l'Etat de droit", c'est le projet du président de la République des Comores. Azali Assoumani a présenté sa feuille des routes pour les années à venir devant un parterre de ministres, conseillers et personnalités étrangères, ce mercredi 26 mai 2021, jour anniversaire de son élection à la présidence de l'archipel. En 2019, sa prise de pouvoir avait suscité des tensions à Anjouan et sur la Grande Comore. L'opposition, rapidement décapitée, n'a plus le droit de cité. Les messages parisiens sont sans effet, selon Comores Infos

Factuellement, les opposants sont divisés. L'Union de l'opposition des Comores porte mal son nom, elle est très partielle. En 2021, la crise Covid offre à l'exécutif un argument imparable pour interdire les regroupements. De fait, le président Azali a les pleins pouvoir et la présidence tournante n'est plus qu'un lointain souvenir.

Une opposition rendue invisible et des interdictions bienvenues

 

Le ministre de l'Intérieur a les mains libres et peut s'appuyer sur la justice comorienne : "Je dois vous rappeler que nous sommes dans une situation de crise sanitaire sans précédent. Les rassemblements sont interdits. À partir du moment où il y a des gens qui font l’apologie de la violence, qui veulent déstabiliser le pays, il est de mon devoir de prendre toutes les mesures qui s’imposent. En plus, il faut comprendre qu’on a un pays avec une Constitution : chacun est libre de s’exprimer librement, mais dans le respect des règles établies", comme l'écrit RFI qui a retranscrit le communiqué ministériel. 

Quel avenir politique pour les Comores ? Mais pas uniquement... Les restrictions sont multiples : mesures barrières, fermetures de lieux publics, interdictions d'aller et de venir librement. Sans oublier que désormais, la vaccination à grande échelle s'impose. Ces actions sont similaires dans de nombreux pays, mais en fonction du degré de répression qu'elles engendrent, la finalité politique n'est pas la même.