Convention canne : les planteurs s’opposent à la modification du versement de l’aide de l’Etat

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Bois Rouge Canne campagne sucrière Premières livraisons de cannes avant les phases de test à l'usine de Bois Rouge
Livraison de cannes à l'usine de Bois-Rouge. ©Daniel Fontaine
Les syndicats de planteurs s’opposent à la modification de la convention canne. Le versement de l’aide de l’Etat de 14 millions d’euros pourrait évoluer, sur décision de l’Europe. La CGPER a déposé une motion en préfecture ce lundi 7 novembre.

Un collectif de canniers, composé d’une vingtaine de planteurs, et représenté par la CGPER s’est rendu ce lundi 7 novembre en préfecture pour déposer une motion. Le syndicat agricole veut ainsi manifester à l’Etat son opposition à la modification de l’article 15 bis de la convention canne 2022-2027.

L’article 15 bis remis en cause par l’Europe

Cet article prévoit, initialement, que l’aide de l’Etat d’un montant de 14 millions d’euros, soit versée aux planteurs en fonction du tonnage de cannes livrées. Mais voilà, ce mode de paiement serait remis en cause, à la faveur d’un versement relatif à un mode de calcul à l’hectare, et non plus à la tonne.

Cet article 15 bis est remis en question. L’Etat dit que l’Europe n’est pas d’accord sur le mode de répartition.

Jean-Michel Moutama, président de la CGPER

La colère des syndicats agricoles

Le 2 novembre dernier, l’ensemble des syndicats agricoles de La Réunion, à savoir, la CGPER, la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs et l’UPNA, ont alerté le député européen Stéphane Bijoux sur le sujet. Ils lui demandent ainsi son soutien, indiquant que «  le Commissaire Européen compte valider les 14 millions d’euros supplémentaires de l’aide à la production de l’article 15 bis, différemment ».

Le changement de mode de calcul pour le versement de cette aide entrainerait, selon eux, " la mort des petits et moyens planteurs ". Les syndicats espèrent " que le Commissaire Européen revienne sur sa décision ".

La Confédération paysanne s’implique au national

Le jour même, la CGPER recevait une réponse de son syndicat national, la Confédération Paysanne, qu’elle avait saisi auparavant. Cette dernière indiquait avoir contacté la Direction générale économique et environnementale des entreprises afin d’obtenir " à minima des explications de contexte ".

Le syndicat restait alors dans l’attente d’une réponse. Il indique que ce point sera abordé lors d’un rendez-vous prévu le 10 novembre.

Démissions du CTICS

Le 26 octobre dernier, la FDSEA, les Jeunes agriculteurs et l’UPNA annonçaient leur démission du CTICS. Opposés au nouveau protocole d’échantillonnage des cannes, ils formulaient aussi leur désaccord quant à une évolution des modalités de paiement de l’aide complémentaire de 14 millions d’euros versée par l’Etat.

Le lendemain, la Chambre d’Agriculture de La Réunion leur manifestait son soutien, dénonçant une adoption des décisions de " manière unilatérale " de la part du Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre.

Le président de la Chambre Verte, Frédéric Vienne, demandait alors aux services de l’Etat d’intervenir pour la " mise en place d’échanges fructueux et partagés en matière technique ".

Le président du CTICS, et directeur agricole chez l’usinier Terreos, rappelait que " le CTICS doit voter en fin d’année le bordereau de campagne ", document nécessaire au paiement des planteurs, notamment pour le versement des aides de l’Etat.