Coronavirus : 18ème jour de confinement, 321 cas confirmés à La Réunion, dont 2 cas autochtones [SYNTHESE]

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Le préfet Jacques Billant tient une nouvelle conférence de presse.
Le préfet, Jacques Billant, tient une nouvelle conférence de presse. ©Imaz Press
La préfecture et les services de l’ARS font un nouveau point sur la situation à La Réunion. Au 18ème jour de confinement, 321 personnes sont contaminées par le coronavirus dans l'île, soit 13 nouveux cas ce vendredi 3 avril.
Jacques Billant, préfet de La Réunion, Martine Ladoucette, directrice de l’Agence Régionale de Santé, et la Professeure Frédérique Sauvat, présidente de la commission médicale d’établissement reviennent sur les mesures mises en œuvre à La Réunion dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus.

Retrouvez le point de situation depuis la préfecture : 

321 cas confirmés au coronavirus, 2 cas autochtones

La directrice de l’Agence Régionale de Santé annonce 321 cas confirmés de coronavirus ce vendredi 3 avril à La Réunion, soit 13 nouveaux cas. Sur ces 321 cas, 286 ont été investigués : 225 sont des cas importés (78%), 59 des cas de transmission locale direct ou indirect avec des cas importés, et 2 cas autochtones, pour lesquels on ne dispose pas d’explication claire sur l’origine de leur contamination.

51 personnes sont hospitalisées au CHU et 2 le sont en service de réanimation. 40 patients sont considérés comme guéris. 9% des cas sont des mineurs, 49% ont entre 18 et 50 ans, 26% entre 51 et 65 ans et 16% ont plus de 65 ans.
28 personnels soignants ont contracté la maladie hors du territoire, 5 après avoir été en lien direct ou indirect avec des cas importés, soit un total de 33 personnels soignants. 

A noter, la définition des cas autochtones évolue pour correspondre aux critères de Santé Publique France. Désormais, on distinguera les cas importés, les cas secondaires en contact avec les premiers et les cas autochtones, qui n’auront ni voyagé ni été en contact avec les cas directs.
Le bilan s’établit donc à 225 cas importés, 50 cas secondaires et 11 cas autochtones.
 
 

La Réunion reste au stade 2 de l’alerte

Martine Ladoucette a rappelé que La Réunion restait en phase 2 du fait du niveau de l’épidémie. Une précision qui intervient 2 jours après que la ministre des Outre-mer ait eu des propos pouvant prêter à confusion sur le sujet. Le maintien dans cette phase, permet d’avoir encore une stratégie de limitation de propagation de l’épidémie, explique-t-elle.
 
Elle permet de tout faire pour dépister et diagnostiquer le plus précocement les personnes. Le développement des prélèvements est également possible, ainsi près de 700 tests peuvent ainsi être réalisés par jour désormais. Le taux de positivité est actuellement d’un peu moins de 8%.

La recherche et le suivi des personnes en contact avec des cas confirmés est possible lors de cette phase. Ils ont d’ailleurs été renforcés depuis une semaine, affirme la directrice de l’ARS. Ils permettent de leur donner des informations sur la maladie, le confinement plus strict auquel elles sont soumises, l’auto-surveillance et l’alerte à l’apparition de symptômes évocateurs. Chaque personne sera ainsi rappelée 6 jours après le premier appel, puis 10 jours plus tard pour vérifier que les consignes ont été suivies et qu’aucun symptôme n’apparait à la fin de la quatorzaine.

La phase 3, comme appliquée en métropole, le niveau de l’épidémie est tel qu’on restreint les indications des prélèvements et on abandonne le « contact-tracing ». " C’est une chance pour La Réunion " de rester en phase 2 estime Martine Ladoucette. La phase 3 n’accorde pas d’accès à plus de masques, les règles d’attribution sont les mêmes. Une livraison de masques doit arriver demain, samedi 4 avril.  

 

Retour a domicile des personnes contaminées

Une application, baptisée "MediConsult" sera déployée pour permettre aux patients contaminés par le Covid-19, ou suspects, de renseigner chaque jour un questionnaire d’auto-évaluation de son état général ?

Ce questionnaire sera suivi par un médecin hospitalier ou traitant. Cela permet de sécuriser les conditions du retour à domicile des patients contaminés, selon la directrice de l’ARS.

 

Appel public au volontariat

Enfin, la directrice de l’Agence Régionale de Santé a lancé un appel envers ceux du corps médical qui ne seraient plus en activité, soit en dispo ou retraités, afin de les identifier et de voir dans quelle mesure ils pourraient aider les services hospitaliers et les Ehpad, en cas de nécessité.

 

Des instances de dialogue

Jacques Billant est revenu sur cette situation nécessité une gestion de crise sans précédent.
 

" Ces batailles longues demandent une endurance et une résilience qui ne se trouve que lorsque les premières lignes, celles des soignants, celles des services publics et celles des entreprises qui font aujourd’hui tourner notre pays, sont solidaires, soudées et organisées ", a déclaré le préfet de La Réunion.


Il explique qu’il a ainsi créé plusieurs instances de dialogue pour entendre les ressentis de tous les acteurs de terrain faire évoluer les dispositifs au fur et à mesure. Tous les vendredis se réunira une instance de dialogue avec la communauté médicale.

Un comité de suivi économique est également régulièrement réuni. Ce vendredi 3 avril au matin, " un certain nombre de travaux " ont été lancés pour garantir la stabilité des prix, après des premiers contrôles effectués la veille par la Direction de l’Agriculture et par la Direction du Travail. Une conférence de presse dédiée à l’économie et à l’emploi sera organisée en début de semaine prochaine pour en parler plus précisément.

 

Une cellule épidémiologique locale

Le préfet à tenu à saluer la création d’une cellule épidémiologique qui analysera la situation épidémique de notre territoire. Elle est articulée autour de la Professeure Sauvat, présidente de la commission médicale d’établissement du CHU, de la Professeure Marimoutou, chef du service de santé publique du CHU, de la directrice de Santé Publique France à La Réunion et de la directrice de l’Observatoire Régional de la Santé.

Jacques Billant a également rappelé qu’il n’y avait pas de surmortalité à La Réunion. Selon les états civils des mairies, sur la période du mois de mars, on enregistre une baisse de la mortalité de 4,8%, soit 397 décès à déplorer contre 417 à la même époque en 2019.
 

 

Respect du confinement

 

Aucun relâchement, car nous ne sommes qu’au débit de l’épidémie, nous ne sommes qu’au début du combat ", a indiqué Jacques Billant.


Le respect du confinement " doit être un impératif moral et citoyen ", a dit le préfet de La Réunion. Le premier ministre a clairement exprimé la forte probabilité d’un confinement prolongé au-delà du 15 avril, il faut donc s’inscrire dans ce temps long et " réinventer notre quotidien ".

Le préfet demande aux Réunionnais de garder leur civisme durant le week-end. Les forces de l’ordre seront à pied d’œuvre ce week-end pour sanctionner les mauvais comportements, a-t-il dit.

Enfin, Jacques Billant a annoncé que le 114 est désormais fonctionnel à La Réunion. Ce numéro permet aux victimes de violences intra-familiales de contacter par SMS les forces de l’ordre.

 
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