Couvre-feu, motifs impérieux, mesures restrictives en semaine ou le week-end : quelles options envisagées à La Réunion ?

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Un contrôle de police à La Réunion (photo d'illustration).
Un contrôle de police à La Réunion (photo d'illustration). ©Police nationale
Pour le moment, La Réunion échappe au reconfinement, mais ce vendredi 30 octobre, le préfet va annoncer de nouvelles mesures restrictives pour le département. Couvre-feu, motifs impérieux, mesures restrictives en semaine ou le week-end : quelles options sont envisagées à La Réunion ?
Pourrons-nous encore sortir après 21 heures dans les jours qui viennent ? Les restaurants vont-ils rester ouverts ? Quelles pratiques sportives seront possibles ? Les voyages entre La Réunion et l’Hexagone seront-ils à nouveau soumis aux motifs impérieux ? Le télétravail sera-t-il généralisé ? Le préfet, Jacques Billant, devrait répondre à toutes ces questions encore en suspens, ce vendredi 30 octobre, à 17 heures, lors d’une conférence de presse.  
 

Dans l’attente depuis jeudi soir

Jeudi soir, le président de la République, Emmanuel Macron, annonçait un reconfinement dans l’Hexagone et des "adaptations" Outre-mer. Hier, le Premier ministre, Jean Castex, a précisé que la Martinique serait aussi reconfinée. Pour les autres territoires, dont La Réunion, les préfets vont arbitrer. En attendant, depuis jeudi, les Réunionnais ne savent toujours pas à quoi va ressembler leur quotidien de lutte contre le coronavirus.
 

Une situation sanitaire qui se dégrade

Si l’île est encore épargnée par le virus avec un taux d’incidence dix fois moins important qu’en métropole, la situation sanitaire se dégrade ces derniers jours avec en moyenne 70 nouveaux cas de Covid-19 au quotidien. Deux importants clusters ont été détectés à l’Ehpad des Lataniers, à la Possession, et au GHER, le Groupe Hospitalier Est Réunion, à Saint-Benoît.

Après avoir consulté la communauté médicale, hier, jeudi 29 octobre, le préfet rencontre ce matin les élus du département. Il doit aussi s’entretenir avec les acteurs du monde économique. D’ores et déjà, plusieurs options sont discutées.
 

A quoi ressemblerait le couvre-feu à La Réunion ?

Le préfet étudie notamment la possibilité d’un couvre-feu sur l’île, à partir de 21 heures. Il permettrait notamment d’éviter les réunions privées, alors que de nombreux rassemblements familiaux sont à l’origine de clusters dans l’île. Le dernier couvre-feu à La Réunion remonte à novembre 2018, lors du mouvement des Gilets-Jaunes. Il pourrait être appliqué sept jours sur sept ou uniquement le week-end. Il pourrait aussi concerner certaines villes, mais pas l’ensemble du territoire.

Concrètement, si ce couvre-feu est instauré, les Réunionnais devraient rester à leur domicile dès 21 heures et jusqu’à 5 ou 6 heures le matin. En Guyane, où la première vague de coronavirus a été particulièrement virulente, le préfet avait appliqué un couvre-feu de 17 heures à cinq heures du matin, sept jours sur sept. Ce couvre-feu avait ensuite été évolutif. Il s’était appliqué qu’aux communes les plus touchées, puis sur des horaires restreintes, de minuit à cinq heures du matin.

Comme lors du confinement, des attestations de déplacements dérogatoires seraient mises en place durant le couvre-feu. Les trajets entre le domicile et le travail, en particulier pour les soignants, agents des services publics et salariés qui finissent ou commencent leur travail pendant le couvre-feu étaient par exemple autorisés, sur présentation de justificatifs. Les déplacements professionnels nocturnes "strictement nécessaires" tels l'approvisionnement des commerces alimentaires étaient également possibles. Tout comme les déplacements pour motif de santé (les urgences médicales notamment) ou les motifs familiaux impérieux tels que l'assistance des personnes vulnérables.
 

Le retour des motifs impérieux ?

L’autre mesure restrictive envisagée par le préfet de La Réunion, Jacques Billant, est le retour des motifs impérieux pour les voyages entre l’Hexagone et l’île. Cette mesure était déjà en vigueur lors du premier confinement en mars dernier. Tous les voyages de loisirs seraient alors suspendus. Les vols ne seraient ouverts qu’aux voyageurs ayant un "motif impérieux personnel ou familial, un motif de santé relevant de l’urgence ou un motif professionnel ne pouvant être différés".

L’objectif serait de protéger l’île de l’arrivée de voyageurs porteurs du Covid-19. Ces derniers sont trop peu nombreux à se faire dépister à J+4. Ces derniers jours, plusieurs politiques réunionnais ont demandé la mise en place de tests obligatoires après l'arrivée des voyageurs à J+4. Actuellement, seul le test PCR 72 heures avant le départ est obligatoire. Hier soir, lors de sa conférence de presse, le Premier ministre a indiqué que des tests obligatoires "au départ ou à l'arrivée" seraient demandés aux voyageurs qui circulent entre l’Hexagone et les Outre-mer. Cette notion du "ou" devrait être définie, ce vendredi soir, par le préfet de La Réunion.

Selon nos informations, le retour de la septaine ou de la quatorzaine ne serait pas envisagé par les autorités pour le moment.
 

Et le télétravail généralisé ?

Qu’en sera-t-il du télétravail ? Il ne devrait pas être obligatoire à La Réunion étant donné que le territoire n’est pas reconfiné. En revanche, il devrait être fortement encouragé. Hier soir encore, le Premier ministre, Jean Castex, a préconisé pour l’Hexagone "l'extension du télétravail généralisé à toutes les entreprises et toutes les administrations cinq jours par semaine". A La Réunion, l’organisation de travail devrait être laissée à l'appréciation des entreprises.

Si les Réunionnais sont le moment épargnés par le reconfinement, de nouvelles mesures restrictives devraient impactées leur quotidien dans les jours qui viennent. La situation sanitaire dans l’île est "maîtrisée" selon les autorités, mais La Réunion n'est pas préservée d'un risque de flambée épidémique.
 

En direct sur Réunion La 1ère

A 17 heures, ce soir, vous pourrez suivre en direct sur Réunion La 1ère radio, télé et internet, les annonces du préfet, Jacques Billant.
 
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