"Dans mon cercle familial ou amical, beaucoup de gens utilisent un faux pass"

coronavirus
pass sanitaire
©RB / Imaz Press Réunion
Alors que l'Assemblée examine le projet de loi sur le pass vaccinal comportant un durcissement des sanctions envers les fraudeurs, un utilisateur réunionnais de faux pass sanitaire témoigne.

Alors que la cinquième vague de coronavirus déferle sur la France, que La Réunion est repassée en état d'urgence sanitaire avec couvre-feu au 1er janvier et que l'Assemblée nationale examine le projet de loi sur le pass vaccinal, David*, un Réunionnais travaillant dans la fonction publique continue d'assumer son choix de vivre en marge de la loi ayant instauré le pass sanitaire.

"Dans mon cercle familial et amical, il y a beaucoup de gens qui utilisent un faux pass", assure le fonctionnaire qui a souhaité conserver l'anonymat. "En fait c'est un vrai pass, juste que c'est pas le nôtre. Tout ça pour être libre en fait."

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

« Dans mon cercle familial ou amical, beaucoup de gens utilisent un faux pass », témoignage. ©Réunion la 1ère

L'homme explique comment il a dû jongler avec différents pass avant de trouver le bon : "Depuis la mise en place du pass sanitaire, j'en ai un, et même plusieurs car j'ai eu du mal à trouver les pass qui correspondent à mon âge."

Au stade, au resto, au ciné…

Il n'a parfois même pas eu besoin de demander. "Si par exemple j'étais invité au restaurant et que je disais que je n'avais pas de pass, eh bien on me proposait ce pass", raconte David, qui se positionne plus sur le terrain de la liberté individuelle que celui de l'immunité de groupe. "J'arrive quand même à être libre au pays des Droits de l'Homme", lâche-t-il.

Le recours à ces pass détournés lui a permis de continuer à mener une vie normale, sans passer par le schéma vaccinal ou les tests systématiques. "Jusqu'à maintenant avec ce pass, je suis parti déjà huit fois sur un stade de foot voir des matchs, et deux ou trois fois au restaurant. Et hier soir, je suis parti voir un film au cinéma en sachant que ça faisait bien trois ou quatre ans que je n'y étais pas allé", énumère le Réunionnais.

"Manque de confiance"

L'agent de la fonction publique exprime clairement ses réticences envers le vaccin en dépit des préconisations scientifiques et gouvernementales, mais aussi "un manque de confiance" : "J'ai la conviction que le vaccin ne fonctionne pas", affirme-t-il.

David ne se considère pas pour autant comme un danger pour les autres. "J'ai quand même fait plusieurs tests, PCR et antigéniques ponctuellement, qui se sont tous révélés négatifs. Donc, pour le moment, je n'ai contaminé et personne et moi je n'ai jamais été contaminé."

L'homme refuse enfin de se voir comme un hors-la-loi : "Je n'ai commis aucun délit, je n'ai volé personne. Je veux juste rester libre et que le système respecte aussi mon choix de ne pas me faire vacciner."

L'amende pourrait monter à 1 000 euros

C'est pourtant bien contre ce type de comportement que le gouvernement entend lutter, en faisant voter la nouvelle loi sur le pass vaccinal. La présentation d'un pass authentique, mais appartenant à une autre personne, entraînera une amende de 1000 euros au lieu de 750 euros ramenés à 135 si l'amende est payée immédiatement comme c'est le cas actuellement. La personne ayant prêté le dit pass étant elle aussi passible de la même sanction.

Concernant les faux pass, la peine encourue pourrait monter jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour une simple détention.

Si le texte devait être adopté en la forme, les responsables d'établissements pourraient, en cas de doute, contrôler les identités, alors que l'absence de contrôle du pass par le patron d'un établissement entraînera une amende de 1000 euros dès le premier manquement.