Décès de deux nouveau-nés à Maurice : les services de santé pointés du doigt

océan indien
Hopital SSRN de Pamplemousses à Maurice
©L'Express de Maurice

L’île Maurice est sous le choc après le décès tragique de deux nouveau-nés cette semaine. Les parents respectifs des deux jeunes victimes accusent, l’un l’hôpital SSRN de Pamplemousses, et l’autre le Samu, de négligences médicales.

Elle s’appelait Prishtee, et lui, Thomas. Ces deux nouveau-nés ont perdu la vie cette semaine, à l’île Maurice et pour leurs parents, comme pour une grande partie de l’opinion publique, sur place, les services de santé locaux sont en cause.

La petite Prishtee a perdu la vie dans la nuit du lundi 12 avril. "Notre fille a été décapitée", répètent Sweta Seeneevassen et Vicky Ram dans les médias. Notre correspondant Yasin Denmamode, qui est journaliste à L’Express de Maurice, relate que des complications sont survenues lors de l’accouchement à l’hôpital du Nord SSRN, à Pamplemousses.

Les précisions de Yasin Denmamode sur Réunion La 1ère:

Direct Yasin Denmamode

Morte par asphyxie

"La mère qui était diabétique devait accoucher par césarienne, explique le journaliste. Mais à la dernière minute, il a finalement été décidé d’un accouchement par voie basse. Le bébé n’a pas pu être retiré complètement et la tête n’a pas pu être libérée. Dans le rapport d’autopsie, il a été établi que l’enfant est mort d’asphyxie".

Vicky Ram, le père de l’enfant décédé, assure que selon le médecin légiste, cet accouchement n’aurait pas dû se faire par voie basse. Son épouse de 25 ans, Sweta Seeneevassen en était à sept mois de grossesse.

"Une intervention faite dans les règles", d'après le médecin

Le couple s’est rapproché de deux avocats pour aller déposer plainte à Pamplemousses, où il vit, pour négligences médicales. Mais selon le gynécologue obstétricien qui a procédé à l’accouchement, l’intervention aurait été faite dans les règles, rapporte encore L’Express de Maurice.

Le médecin défend qu’à l’arrivée de la future maman à l’hôpital, le travail avait déjà commencé. "C’est donc pour cela qu’il n’y a pas eu d’échographie. Son col était déjà dilaté à plus de 4 cm, ce qui signifie que l’accouchement avait commencé. Et c’est pour cette raison qu’on l’a emmenée en salle de travail".

Bébé "décapité", arrivée tardive du Samu...

Le gynécologue explique la décapitation du bébé par le fait que le col était fermé sur son cou… Des images terribles qui hanteront sans doute à jamais les parents de la petite Prishtee.

L’autre drame est survenu ce mercredi 14 avril, à la Tour Koenig. Marie Océanne Latouche, 17 ans, a perdu son bébé, lors d’un accouchement survenu là aussi à sept mois de grossesse. L’Express de Maurice indique que les services du Samu seraient arrivés sur place 1 heure et 20 minutes après que la famille les ait contactés.

Le Ministère mauricien de la Santé dans l'embarras

"Les parents accusent le personnel du Samu d’avoir mis trop de temps à venir, précise Yasin Denmamode. La maman qui était épileptique devait avoir des soins mais le Samu est venu une heure après le premier appel. La maman a accouché toute seule et avant même l’arrivée des secours, ce bébé était déjà mort".

Contacté hier par le journal mauricien, le Ministère de la Santé expliquait ne pas être au courant de "ce cas". Les obsèques des deux petites victimes se sont déroulées ce  jeudi 15 avril, dans l’après-midi.

La population mauricienne est donc sous le choc. Les erreurs médicales se multiplient. C'est à se demander si les hôpitaux de l'île Soeur ne seraient pas sous tension en raison de la crise sanitaire. C'est ce que nous confirme notre correspondant Yasine Mohabuth.

Les précisions de Yasine Mohabuth sur Réunion La 1ère :

Yasine MOHABUTH à l'île Maurice