Drame au Piton de la Fournaise : randonner au volcan n’est pas sans danger

faits divers
Randonner au volcan n’est pas sans danger.
Randonner au volcan n’est pas sans danger. ©Gendarmerie de La Réunion

Deux jeunes randonneurs sont décédés au volcan, jeudi 22 avril. Admirer l’éruption du Piton de la Fournaise n’est pas sans risque. Des randonneurs sous estiment parfois les dangers du volcan. D’autres drames se sont déjà produits dans le passé.

Admirer une éruption du Piton de la Fournaise est aussi féérique qu’hostile. Jeudi 22 avril, deux randonneurs de 19 ans ont été retrouvés mort au pied du volcan. Deux jours plus tôt, ils avaient quitté le pas de Bellecombe pour partir bivouaquer et assister au spectacle de l’éruption. Une expédition qui a viré au drame.

L’enclos du volcan interdit au public

Mardi dernier, ils se sont introduits dans l’enclos du Piton de la Fournaise pourtant interdit d’accès au public à chaque éruption.

Jeudi encore, devant la caméra de Réunion La 1ère, six jeunes âgés de 25 à 30 ans sautaient la barrière de l’enclos. Ils s’y étaient aventurés pour une marche de sept heures les conduisant au pied de l’éruption. "Nous n’avons pas mis nos pieds dans la lave, on est resté à bonne distance, je ne pense pas avoir pris autant de risques", commente l’une des jeunes filles du groupe trop légèrement vêtue pour mener ce genre d’expédition. "En même temps, on est jeune, plein de gens comme nous voudraient prendre des risques pour voir un volcan en éruption", ajoute un autre membre du groupe.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

L’accès à l’enclos est fermé, mais certains bravent l’interdit ©Réunion la 1ère

 

Le risque de se perdre

Ces jeunes font partie des trop nombreux randonneurs qui minimisent les risques d’une éruption volcanique. L’enclos du Piton de la Fournaise est une zone "dangereuse en période d’éruption, rappelle Stéphane Narbaud, commandant du PGHM, le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne. Il y a beaucoup de brouillard, aucun sentier et de simples marquages blanc au sol, si on s’en éloigne on est rapidement perdu dans un océan de lave très dangereux".

Des failles rocheuses

En 2003 déjà, un étudiant de 22 ans avait perdu la vie dans l’enclos en voulant prendre de trop près des photos de l’éruption. Il avait fait une chute de six mètres dans une fissure où la température s’élevait à 260 degrés. Chaleur et gaz avaient provoqué sa mort brutale.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

L’histoire du volcan marquée par deux autres drames ©Réunion la 1ère

 

De la roche volcanique tranchante, des cavités profondes de plusieurs mètres et souvent peu visibles, les dangers de l’enclos sont nombreux. Il y a aussi l’émanation de nombreux gaz liés à l’éruption. "Seuls les scientifiques sont équipés et capables de s’approcher d’une bouche éruptive", ajoute Stéphane Narbaud.

Le 11 avril dernier, au début de l’éruption, les gendarmes du PGHM étaient d’ailleurs intervenus au volcan pour secourir un campeur qui avait chuté de sept mètres dans une faille rocheuse en bordure de l’enclos près du Piton de Bert.

 

Les dangers de la foudre

Hier, les corps des deux jeunes hommes ont été retrouvés à proximité des cônes éruptifs. Pour le moment, les causes de leur mort ne sont pas encore connues. Ils ont pu être victime de gaz toxiques, ou de la foudre.

La Réunion était en vigilance fortes pluies et orages lorsque les deux jeunes ont entamé leur périple. Le massif du volcan est régulièrement impacté par la foudre. Hier soir encore, plus de 500 impacts de foudre ont été relevés sur le Piton de la Fournaise.

 

Appel à la vigilance

Le PGHM appelle à la plus grande vigilance, car la météo ne devrait pas s’améliorer demain, samedi. Les gendarmes effectueront des contrôles ce week-end et n’hésiteront pas à "descendre dans l’enclos (…) pour faire de la prévention, voire de la répression si nécessaire". Prudence si vous prévoyez de vous rendre au Piton de La Fournaise ce week-end.