Eruption : gaz irritant et cheveux de Pelé, les autorités appellent à la vigilance

catastrophes naturelles
Panache de gaz au volcan du Piton de la Fournaise
©Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise
Les seuils sanitaires d’alerte n’ont pas été dépassés mais la vigilance est tout de même recommandée. L’Agence Régionale de Santé et la préfecture appellent à la prudence la population se rendant, ou résidant, à proximité du volcan.

L’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le mercredi 22 décembre, émet dans l’air des substances telles que le dioxyde de souffre et des particules fines. Le SO² est un gaz irritant des voies respiratoires, qui en cas de concentration importante peut entraîner chez les personnes vulnérables de la toux, une exacerbation d’asthme, une baisse de la capacité respiratoire ou une irritation.

Vigilance face aux cheveux de Pelé

L’éruption peut également produire des cheveux de Pelé, qui peuvent présenter un danger et ne doivent pas être manipulés. Les cheveux de Pélé sont de fins filaments de lave (aspect de fils brillants, de quelques centimètres de longueur, impalpables et cassants) et se présentent sous forme de fines aiguilles coupantes. Sous l’effet des vents, ces fibres de verre volcanique sont susceptibles de se former et se déposer dans les cours, les jardins et autres espaces extérieurs.

Dans ce cas, il est recommandé d’être vigilant et de suivre les mesures suivantes :

  • éviter la fréquentation par les enfants des espaces extérieurs où la présence de cheveux de Pélé est relevée ;
  • nettoyer les surfaces afin qu’elles soient débarrassées des cheveux de Pélé, qui s’y seraient accumulés ;
  • laver soigneusement les légumes et les fruits ;
  • éviter le contact entre la nourriture et les surfaces sur lesquelles se seraient accumulés des cheveux de Pélé ;
  • éviter de manipuler les cheveux de Pélé à main nue ; et en cas de contact avec des cheveux de Pélé, laver les mains soigneusement avec de l’eau ;
  • contrôler les pâturages et éviter l’ingestion par les animaux.

Les seuils d’alerte ne sont pas dépassés

L’association agréée de surveillance de la qualité de l’air de La Réunion, Atmo-Réunion, assure le suivi de la concentration en SO² et particules fines au niveau des principales zones habitées de l’île. Des stations fixes à Bourg-Murat et à Grand-Coude sont spécifiquement dédiées au suivi des émanations du volcan.

A ce jour, l’ensemble des stations restent en-dessous des seuils sanitaires d’alerte. La situation est cependant susceptible d’évoluer rapidement et à tout moment en fonction de l’activité volcanique et de la météorologie.

Conduite à tenir sur le site du volcan 

A proximité immédiate du volcan, la qualité de l’air n’est pas analysée en continu. Les concentrations en SO2 ou particules fines peuvent être fortes. C’est pourquoi, il est recommandé aux personnes vulnérables qui souhaitent se rendre sur le site de demander au préalable l'avis à leur médecin traitant.

En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, telle qu’un essoufflement, sifflement, palpitations, il est conseillé de quitter la zone et de consulter rapidement un médecin.