Face à la menace de sécheresse, le préfet appelle les Réunionnais à réduire leur consommation d'eau

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Le préfet appelle les Réunionnais à réduire leur consommation d'eau.
Le préfet appelle les Réunionnais à réduire leur consommation d'eau. ©Imaz Press
Suite à la tenue d'un comité sécheresse à la préfecture de La Réunion, ce vendredi 3 décembre, le préfet appelle à la vigilance et à la réduction des consommations d’eau non essentielles. Des restrictions d'eau sont déjà en place dans plusieurs communes. Le point ici.

Le comité sécheresse s’est réuni ce 2 décembre à la préfecture de La Réunion. Face à la menace d'une nouvelle sécheresse, le préfet, Jacques Billant a décidé de ne pas imposer de restriction d'eau sur le territoire. En revanche, il appelle "à la vigilance et à la réduction des consommations d’eau non essentielles". Toutefois, "en fonction de l’évolution de la situation, le Préfet de La Réunion pourra être amené à renforcer les mesures adoptées".

Distribution d'eau perturbée sur le Nord et l'Est

Avec des prévisions météorologiques peu favorables en terme précipitations et la hausse à venir de la consommation d'eau liée à l'été, les autorités craignent des perturbations dans la distribution.

Actuellement, Saint-André, Bras-Panon, La Plaine des Palmistes et Cilaos ont pris un arrêté de limitation des usages de l'eau sur leur territoire. La commune de Saint-Denis a engagé des actions pour réduire les consommations communales (espaces verts, terrains de sports…).

 

Des mesures locales

Saint-André, La Plaine des Palmistes et Salazie sont des communes qui pourraient avoir des difficultés pour distribuer de l'eau. A Saint-Denis et Cilaos, des tensions sont aussi à craindre dans la distribution d'eau. Le préfet de La Réunion invite "chaque collectivité (…) à prendre des mesures de restriction des usages adaptées à la situation locale".

Par précaution 

En cette période inter-cyclonique sèche, le Préfet de La Réunion tient à rappeler le respect des mesures de précaution suivantes :

  • signaler en temps réel les perturbations d’alimentation et les fermetures de réseaux susceptibles d’être utilisés par les services de secours et de lutte contre l’incendie,
  • favoriser les techniques d’irrigation économe en eau,
  • maintenir une vigilance particulière sur les aquifères sensibles et adapter leur exploitation en fonction de l’évolution de la salinité,
  • réduire l’arrosage des jardins et des espaces verts,
  • réduire ou arrêter le lavage des cours et des voiries à grandes eaux,
  • réduire toutes les consommations d’eau pour les usages non essentiels (lavage de voiture…).

Par ailleurs, cette période sèche étant propice aux départs de feux, le Préfet rappelle que les pratiques de brûlage de végétaux coupés et d’écobuage sont interdites du 15 août au 15 janvier.

Vigilance sur la qualité de l'eau

Par ailleurs, les autorités appellent à la vigilance sur la qualité de l'eau. "Les coupures peuvent générer une dégradation de la qualité de l’eau avec notamment la présence de matières en suspension ou une perte de limpidité de l’eau", prévient la préfecture.

Lorsque l'eau revient au robinet après une coupure, il est recommandé de consommer de l’eau embouteillée ou à défaut, de faire bouillir l’eau du robinet et la maintenir à ébullition au moins trois minutes. L’eau du robinet peut toutefois être utilisée pour tous les autres usages sanitaires (toilette, wc, lavage…).

La pluie manque

Avec près de quatre semaines sans pluie en novembre, le mois a été très déficitaire (-55%), notamment dans les hauts du Sud-Ouest et le Nord.

La préfecture souligne que "l’état des ressources en eau est en baisse sur l’ensemble du département, en particulier dans le Nord pour la rivière Saint-Denis, dans l’Est pour la rivière des Roches et le Bras des Lianes et dans le Sud pour le Bras de la Plaine".

Malgré des précipitations enregistrées sur une partie du territoire fin novembre, la situation reste tendue. Les ressources superficielles en eau se tarissent, et le mois de novembre a été sec avec des températures élevées.

Des restrictions pour les agriculteurs

De plus, depuis fin novembre, les agriculteurs connaissent des restrictions. "S'agissant des périmètres hydro-agricoles, des difficultés apparaissent pour celui du Bras de la Plaine compte-tenu de la baisse importante du débit de ce cours d’eau", précise la préfecture.

L’absence de pluies au mois de novembre a déjà des conséquences pour les cultures, notamment la canne à sucre, dans la période sensible de la repousse et pour les cultures de plein champ non irriguées.