Face au coronavirus, le secteur de la culture au bord du gouffre

spectacle
Théâtre Les Bambous
©Réunion La 1ère
Entre annulations de spectacles, sorties de livres repoussées, la crise sanitaire a mis à mal un monde de la culture déjà fragile. Le Conseil de la Culture, de l'Education et de l’Environnement s’est réuni pour dresser un état des lieux et essayer de trouver des solutions. 
Que ce soit pour le théâtre, le monde des livres, ou le spectacle plus généralement, la culture est l’un des secteurs les plus touchés par les conséquences de l’épidémie de Covid-19.  Le Conseil de la Culture, de l'Education et de l’Environnement (CCEE) a rencontré les différents acteurs du milieu. Ils réclament une “forte mobilisation de l’ensemble des institutions, des collectivités, des partenaires publics ou privés” afin de relancer le secteur. 
   

“Pour les gens les plus fragiles, je ne vois pas les aides” 

Le premier constat qui est sorti de cette réunion : les petits acteurs du milieu ne peuvent pas forcément prétendre aux aides actuellement proposées par le gouvernement. Si les dispositifs d’urgence pour les intermittents du spectacle ont été prolongés jusque fin août 2021, tous ne sont pas logés à la même enseigne. 

Dominique Carrère, vice-président du CCEE explique que "les aides concernent majoritairement les acteurs culturels professionnels.
 

Or la vie culturelle ici est faite par beaucoup d’artistes qui travaillent dans des petites communes, des associations… et ces gens la ne sont pas concernés par les aides qui ont été débloqués. 

Dominique Carrère, vice président du CCEE



Dans un communiqué, le CCEE rappelle que “les travailleurs de ces secteurs, qui souffrent souvent déjà de situations précaires pourraient rester plusieurs mois sans aucun revenu.” Il appelle à une réflexion pour créer un “revenu minimum permanent dont les modalités d’attribution seraient à définir communément.” 

Il y a des artistes qui ne bénéficiaient pas encore du régime de l’intermittence et qui sont en difficulté”, explique Lolita Monga, autrice, metteuse en scène et comédienne. On a déjà mobilisé des fonds pour les plus fragiles, mais il y a des gens qui ne peuvent pas payer leurs loyers.

Du côté des livres, les auteurs et illustrateurs se retrouvent aussi dans une situation délicate : “ils n’ont aucun statut, ce qui fait qu’ils se sont retrouvés sans revenu”, détaille Joëlle Ecormier, romancière et autrice de littérature jeunesse.  De plus, le fait que les éditeurs aient dû retarder les parutions a également eu un impact sur les revenus des auteurs. 
  

“Il est temps de revoir le modèle économique de la culture” 

La crise covid a fait émerger des problèmes de fonds qui étaient déjà bien antérieurs aux problèmes sanitaires”, énonce Lolita Monga. Selon elle, il faut réinterroger les liens qui existent entre les institutions, les artistes et les organismes de diffusion. 
 

Il faut aller vers quelque chose de plus solidaire, plus humain, plus écologique et plus proche de ce que nous sommes en tant qu’artistes et de la rencontre qu’on veut créer avec le public.

Lolita Monga



Pour elle, le plus urgent est de “retrouver la solidarité entre les acteurs du secteur et par rapport au public réunionnais.” Pour se faire, elle estime qu’il est nécessaire de créer de nouveaux espaces de diffusion, des modèles différents. 
  

Un appel à prendre des mesures d’urgences

Dans leur communiqué, le CCEE demande à ce qu’il y ait une augmentation “significative” des budgets consacrés à la culture par les “collectivités les plus actives envers le secteur culturel”, principalement la Région. Il appelle également à une mobilisation des personnes concernés pour “un plan de relance concerté” afin de sauver la vie culturelle. 
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