Glyphosate : comment en sortir pour une agriculture plus saine à La Réunion ?

agriculture
Plus de désherbant au glyphosate dans les jardins
©Michelle Bertil
Réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques pour une agriculture plus saine. L’Etat veut ainsi baisser de 25% l’ensemble des pesticides dans les exploitations, et surtout bannir le glyphosate. Mais est-ce réalisable à La Réunion ? 
Le préfet Pierre-Etienne Bisch, coordinateur national des plans gouvernementaux de réduction des produits phytopharmaceutiques, est en visite dans l’île pour deux jours. Mercredi 19 février, il a rencontré les acteurs du monde agricole pour faire un point d’étape sur cette nouvelle mesure.

La volonté affichée est de sortir du glyphosate d’ici la fin de l’année et de réduire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Mais dans un contexte insulaire et tropical, La Réunion peut-elle relever le défi ? Atteindre les moins 50% de ces produits dans les champs réunionnais d’ici 5 ans, semble pour certains agriculteurs un objectif difficile à tenir.
 

Vers une sortie du glyphosate ?

Pierre-Etienne Bisch souligne que des études sont en cours pour connaître l’impact économique de l’arrêt de ces produits phytopharmaceutiques. Il ne faudrait pas tomber dans une impasse, dit-il.Face aux acteurs du monde agricole, il a tenu à rassurer sur les modalités de cette volonté de sortir du glyphosate. Les agriculteurs n’y sont pas défavorables, mais la tâche ne devrait pas être simple.

Reportage de Precilla Ethève.

le préfet Pierre-Etienne Bisch rencontre le monde agricole

 

S’adapter aux spécificités de La Réunion

Sortir du glyphosate mais à quelles conditions et pour quelles alternatives ? C’est la question principale que se posent aujourd’hui les acteurs du monde agricole. Lors de sa rencontre avec eux, le préfet Pierre-Etienne Bisch a tenu à les rassurer sur la volonté de prendre en compte les spécificités des territoires ultramarins.
 

" Il revient aux préfets de régions, non pas de déroger, mais d’adapter aux particularités locales, et il y en a évidemment beaucoup Outre-mer, qui est la raison climatique et qui fait que le fonctionnement des bio-agresseurs est plus fort et plus violent. Il faut donc en tenir compte dans les actions qu’on imagine, dans la négociation avec les professions agricoles ou les usagers, ou les défenseurs de l’environnement ", explique Pierre-Etienne Bisch.


Il estime que dans tous les cas, il faut faire prendre conscience à la population que le juste emploi du produit, la bonne connaissance du produit et également les précautions nécessaires sont des choses indispensables.

Les agriculteurs, premiers utilisateurs du glyphosate, ont pleinement conscience des conséquences que cet herbicide pourrait avoir sur la santé et dans l’ensemble ils seraient d’accord pour l’abandonner, selon Jean-Michel Moutama, secrétaire de la CGPER.

Encore faut-il disposer d’alternatives convaincantes. Certains produits moins efficaces ne devraient alors pas être plus intensément utilisés, selon eux. Henry-Claude Elma et Philippe Hoareau ont rencontré Fabrice Fontaine, un agriculteur de Saint-Benoît qui tente d’en trouver.
©Reunion la 1ère

Des réunions de travail sont programmées. Les acteurs du monde agricole devraient donc en savoir un peu plus sur ce plan de réduction de l’utilisation des pesticides à la mi-mars.
 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live