Insécurité et délinquance en 2020 : La Réunion et les territoires ultramarins toujours plus exposés aux infractions violentes que la métropole

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La 5ème édition du bilan statistique « Insécurité et délinquance », sur l’année 2020, a été publié hier. Si les réunionnais sont moins souvent victimes de violence que les habitants de l’Hexagone, les crimes à caractère sexuel ou intrafamiliaux sont plus fréquents dans l'île. 

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure a publié, ce vendredi 30 avril, sa 5e édition du bilan statistique « Insécurité et délinquance », sur l’année 2020. Elle présente des évolutions très atypiques, dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19.

L’enquête « Cadre de vie et sécurité » est conduite ponctuellement dans les départements et régions d’outre-mer français. Il en ressort qu’à La Réunion, les habitants sont relativement moins souvent victimes de violences que ceux de France métropolitaine, alors que les atteintes les plus sensibles, à caractère sexuel ou perpétrées par un membre du ménage, y sont plus fréquentes et aussi les moins déclarées.

L’enquête « Violences et rapports de genre » (Virage), dont l’objectif central est de mesurer, pour les femmes comme pour les hommes, les faits de violences verbales, psychologiques, physiques et sexuelles, montre que les faits sexistes au sein de l’espace public (rue, jardin publique, administration, etc.) concernant les jeunes femmes de 20 à 29 ans sont plus fréquents en Outre-mer, notamment en Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion, qu’en métropole.

Pour l’ensemble des femmes âgées de 20 à 69 ans enquêtées à la Réunion, plus de 2 femmes sur 5 ont déclaré au moins un fait subi de sexisme (insulte, harcèlement, attouchement, etc.) dans les espaces publics au cours des 12 mois précédant l’enquête, contre 1 sur 4 en France métropolitaine. En Martinique, il s’agit de près de 3 femmes sur 5 et en Guadeloupe 3 femmes sur 6 qui ont été confrontées à ce genre de faits dans l’espace public.

Comme en métropole les femmes jeunes sont les plus exposées aux violences mais à des degrés différents selon le type d’actes. Ainsi à la Réunion, plus de la moitié des 20-29 ans déclarent des faits d’interpellations ou de sifflements sous motif de drague (55 %) contre environ un tiers des 40-49 ans (36 %). A la Martinique, ce sont 77 % des 20-29 ans qui déclarent subir ce genre de faits et 70 % en Guadeloupe.

En 2020, comme en 2019, les forces de sécurité enregistrent, dans l’ensemble, plus de victimes d’infractions violentes dans les Outre-mer qu’en métropole, alors que les vols non violents et les cambriolages de logement sont moins fréquents. Chaque territoire ultramarin a toutefois ses propres spécificités.

Le taux d’homicide à La Réunion est proche de la moyenne métropolitaine

En moyenne sur 2018-2020, les services de sécurité des territoires d’outre-mer enregistrent plus d’homicides que ceux de la métropole : 0,5 victime pour 10 000 habitants contre 0,1 en métropole. Le taux moyen d’homicides par habitant enregistré en Guyane entre 2018 et 2020 est le plus élevé des taux enregistrés dans les territoires ultramarins avec 1,3, alors qu’il s’avère plus proche de la moyenne métropolitaine à La Réunion avec 0.2.

 

Les violences intrafamiliales ont augmenté de 0.2 point en 2020 à La Réunion

En 2020, et à l’exception de Mayotte, le nombre de victimes de coups et blessures volontaires dans le cadre familial par habitant est plus élevé dans les DROM-COM (3,5 ‰) qu’en métropole (2,0 ‰). La hausse est d’une ampleur comparable à celle observée en métropole (+0,2 point) à La Réunion, en Polynésie française et en Martinique. Elle s’avère plus marquée en Guyane (+0,5 point), en Guadeloupe (+0,7 point) et surtout en Nouvelle-Calédonie (+1,3 point).

En ce qui concerne les coups et blessures volontaires, hors cadre familial, sur un an, les évolutions apparaissent contrastées par territoire d’outre-mer. La Polynésie française (2,2 ‰), La Réunion (2,6 ‰) et la Martinique (3,3 ‰) enregistrent des taux plus faibles que dans les DROM-COM considérés dans leur ensemble (3,5 ‰). La Réunion reste par ailleurs stable par rapport à 2019 (2.5‰). Notez que la Guyane et la Nouvelle-Calédonie enregistrent les plus forts taux par habitant, respectivement de 5,0 ‰ et 5,2 ‰ contre 2,0 ‰ en métropole.

 

Stabilité du nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées en 2020

Rapporté à 1 000 habitants, le nombre de violences sexuelles enregistrées est relativement proche entre chaque DROM-COM, autour de 1,1 victime pour 1 000 habitants en 2020, soit un niveau légèrement supérieur à celui observé en métropole (0,8 ‰). A La Réunion, le taux est resté stable à 1.1 en 2019 et en 2020.

 

Diminution des vols violents et des cambriolages en 2020 à La Réunion

En 2020, le nombre de victimes de vols violents, par habitant, est notamment moins élevé en Polynésie française (0.4 ‰), à la Réunion (0.6 ‰) et en Nouvelle-Calédonie (0,8 ‰) qu’en métropole (1.1 ‰) et que sur l’ensemble des DROM-COM (1,8 ‰). A titre comparatif, La Réunion enregistrait un taux de 0.9 ‰ en 2019 contre 0.6 ‰ en 2020.

En ce qui concerne les vols sans violence la Réunion enregistre le plus faible nombre de victimes de vols par habitant en 2020 (3,3 ‰) parmi les DROM-COM, et connait même une forte baisse depuis 2019 : 4,5 ‰. La métropole, elle, affichait 10,8 ‰ en 2019 et 8.2 ‰ en 2020.

 

Selon les statistiques, les cambriolages de logement ont été moins fréquents dans les territoires ultramarins qu’en métropole en 2020. Comme en France métropolitaine, ces taux ont également diminué en 2020 par rapport à 2019, de 0,7 point, sur l’ensemble des DROM-COM. En particulier, il baisse plus fortement en Nouvelle Calédonie (-1,3 point), territoire plus touché par cette forme de délinquance, et en Martinique (-1,6 point). Il recule de manière plus modérée en Guadeloupe, à Mayotte et à La Réunion (respectivement -0,1, -0,3 et -0,6 point).