L’Arar au cœur d’une enquête financière

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Une quinzaine de gendarmes de la brigade de Saint-Leu et de la compagnie de Saint-Paul sont intervenus hier mardi dans les locaux de la Maison départementale de Saint-Leu ©Imaz Press
Le siège de l’ARAR, l’Association réunionnaise d’assistance respiratoire et de soins à domicile, a été perquisitionné par les gendarmes de la brigade de recherches hier matin. Une enquête financière a été récemment ouverte sur fond de soupçon d’abus de confiance.
Hier matin, les salariés de l’ARAR ont sans doute été à moitié surpris de voir débarquer des gendarmes au siège social situé dans la Zac Balthazar à La Possession. Les enquêteurs de la brigade de recherches de Saint-Paul ont mené une perquisition et sont ressortis des locaux de l’association avec plusieurs documents et archives informatiques.

Cela fait plusieurs années que l’Association réunionnaise d’assistance respiratoire et de soins à domicile est en pleine turbulence. Un audit réalisé en février 2019 a révélé que les comptes de la structure sont déficitaires depuis 2015.

L’ARAR est également en litige avec la Caisse générale de la Sécurité sociale pour des dossiers dans lesquels les facturations seraient inexactes. A cela s’ajoute un mouvement social survenu au moins de juin 2019 au cours duquel les représentants syndicats ont dénoncé des mauvaises conditions de travail ainsi que des problèmes graves de management.

Voilà maintenant que l’association est au cœur d’une enquête préliminaire ouverte depuis quelques semaines par le procureur de Saint-Denis Eric Tufféry. Une enquête portant sur des faits présumés d’abus de confiance.
 

Des dirigeants de la structure dans le viseur


Des éléments qui ont été portés récemment à la connaissance du procureur. Il serait question de mouvements de fonds a priori suspects, d’une comptabilité défectueuse mais aussi de malversations liées à la gestion des stocks de matériels et de produits médicaux, précise ce mardi le JIR.

Selon nos informations, des syndicalistes de l’ARAR ont également été convoqués dans le cadre de cette enquête. Et selon certaines de ces sources internes, ces malversations présumées ne dateraient pas d’hier.

Mais aucune organisation syndicale ne s’aventure à s’exprimer publiquement, par crainte, justifiée ou pas, de représailles. A peine certains représentants confirment-ils du bout des lèvres que la procédure viserait d’anciens et actuels dirigeants. Certains d’entre eux, auraient même été démis de leur fonction, nous précise-t-on.

La direction de l’ARAR reste muette depuis la nouvelle de la perquisition. Contactée, celle-ci n’a pas donné suite à nos sollicitations.
 
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