La CCIR encourage les petits commerces des hauts du Sud à se regrouper

économie
CCIR Chambre de commerce et d'industrie
©Imaz Press Réunion
Pas facile pour les petits commerces de proximité des hauts de La Réunion de résister face aux mastodontes de la grande distribution. Pour la CCIR et le groupe d’action locale Grand Sud, ces commerces, essentiels au maintien du lien social dans les écarts de l’île, doivent mutualiser leurs moyens.

La Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion tenait ce lundi 27 septembre un colloque axé  sur les commerces de proximité des Hauts du Sud.

Lauréate d’un appel à projet lancé par le Groupe d’action locale "GAL" Grand Sud "Terre de Volcans", la collectivité a présenté aujourd’hui au Tampon les résultats du travail effectué depuis 2018 et proposé dans le même temps une réflexion sur le thème : "Plus besoin de faire des kilomètres pour faire nos courses".

Colloque CCIR GAL Grand Sud Commerces de proximité
©Suzette Emma

Les petits commerces soutenus financièrement

Pour la CCIR et le GAL Grand Sud, les commerces alimentaires de proximité concourent au maintien du lien social dans les quartiers, sans compter leur forte valeur patrimoniale et historique. Pour la collectivité, il est donc essentiel d’accompagner ces structures qui doivent faire face à la concurrence des géants locaux de la grande distribution concentrés sur le littoral réunionnais.

Plusieurs de ces petits commerçants ont déjà bénéficié d’un coup de pouce financier pour leur développement. A l’instar d’Eric Hoarau, le gérant  d’une épicerie située dans les hauteurs de Vincendo, à Saint-Joseph, qui a ainsi pu financer l’achat de matériels. Mais tous les intervenants s’accordent à dire qu’il faudrait aller plus loin.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Comment aider les boutiques lontan à survivre dans les Hauts ?

 

Mutualiser les commandes

"Ce que j’attends, c’est qu’on trouve une sorte d’associations pour que tous les petits commerçants comme nous puissent se réunir et passer nos commandes ensemble afin que tout le monde s’y retrouve", propose Eric Hoarau.

L’union fait effectivement la force, confirme Amine Valy, le directeur du GAL Grand Sud : "Plus on est nombreux, plus on commande des volumes importants et plus les prix vont être intéressants pour les consommateurs des Hauts et pour faire en sorte qu’ils arbitrent en faveur des Hauts plutôt qu’aller ailleurs dans les Bas".

Plus de 150 commerces dans les Hauts du Sud

Sur les 2 000 commerces alimentaires de proximité recensés dans l’île, on en dénombre 375 qui sont localisés dans les Hauts, dont 153 dans le Sud de l’île (soit 41% de l’effectif total).

Et la demande existe : l’alimentaire représente le poste le plus important de consommation et le marché sudiste rassemble 36% des dépenses commerciales du département, soit environ 19, milliards d’euros, dont 613 millions dans les Hauts de la microrégion.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Les ti boutik se battent pour leur survie

 

Koopérativ, le projet mort-né...

La solution de se regrouper en association, en coopérative ou en centrale d’achat semble donc plus que viable. Mais voilà, jusqu’à présent, ce genre de projets n’a jamais abouti.

En 2014, la CCIR avait déjà lancé un projet de centrale d’achats baptisé Koopérativ, la concrétisation d’une promesse de campagne de son président Ibrahim Patel. Une centaine de petits commerces avaient adhéré au projet sans que celui-ci ne se concrétise véritablement.