La disparition des bichiques inquiète les pêcheurs

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Canaux bichiques sous le ciel bleu
©Michelle Bertil (Réunion la 1ère)
Dans l’Est de La Réunion, les bichiques se font de plus en plus rares dans les rivières, au grand désarroi des pêcheurs. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. Les scientifiques proposent de prolonger les interdictions de pêche, mais les pêcheurs ne sont pas du même avis.
 
Les sécheresses chroniques pourraient mettre en danger les bichiques, déjà victimes du braconnage et de la pollution. A Rivière-du-Mât, les pêcheurs constatent déjà que les petits alvins sont de plus en plus rares dans les rivières.

"Je pense que les trois meilleurs mois pour pêcher sont octobre, novembre et décembre, mais on a un soucis actuellement", déplore un pêcheur. Il constate que tous les chenals sont presque à sec. C’est une conséquence directe des sécheresses chroniques qui sont de plus en plus régulières à La Réunion.

"Il y a cinq, dix ans de ça on pêchait avec un vouve de 60cm de diamètre. Maintenant on est pratiquement à un vouve de 15-20 cm de diamètres", constate un autre pêcheur.
  

"Comment on veut que le bichique monte s’il n’y a pas d’eau !"

Sécheresse, captage, braconnage sont des raisons qui peuvent expliquer la raréfaction des alvins. Les scientifiques interpellent les autorités sur la disparition de ces poissons et certains parlent même d’un point de non-retour. Ils proposent donc de prolonger les périodes d’interdiction de la pêche, mais les pêcheurs ne sont pas du même avis.

Pour eux,  les pouvoirs publics devraient intensifier les opérations de contrôle pour traquer les braconniers.
 

Nous les pêcheurs, on est comme des sentinelles à la rivière. On fait ça gratuitement, on débouche les chenals tous les matins.  Si on quitte le terrain, il n’y aura plus personne pour entretenir les chenals. Derrière nous il y aura le braconnier qui va s’en occuper.

Un pêcheur de bichiques


Pour les scientifiques, il est nécessaire que tous les acteurs se mettent autour de la table pour en discuter, car le temps presse.

Le reportage de Harry Amourani et Willy Thevenin : 
Les inquiétudes des pêcheurs de bichique

 
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