Cette banque alimentaire devrait être opérationnelle d'ici six à huit mois, à Mayotte.
Après le passage de Chido en décembre 2024, 500 tonnes de denrées et de biens de première nécessité ont été envoyées dans l'île aux parfums. Une partie de ces dons, environ 350 tonnes, est en cours d’acheminement, depuis Marseille.
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Une aide pérenne pour Mayotte
Le président de la Banque alimentaire des Mascareignes, a présenté ce mercredi 19 février, le bilan des actions engagées en faveur de Mayotte. La mobilisation pour les Mahorais se poursuit avec la création d'une antenne de la Fédération française des banques alimentaires.
"On dit que Mayotte est le département français le plus pauvre, on dit même que 75 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté", déclare Bruno Prochasson, président de la Banque alimentaire des Mascareignes.
A La Réunion et dans l'Hexagone, la demande d'aide alimentaire est permanente, donc c'est clair qu'à Mayotte il y a un besoin urgent. Ça n'a pas pu se faire jusque là pour plein de raisons, mais nous avons décidé de travailler sur cette question, pour que l'appui à ces populations en difficulté soit pérenne.
Bruno Prochasson, président de la Banque alimentaire des Mascareignes
Bruno Prochasson pense que s'il y avait une banque alimentaire à Mayotte avant le cyclone, la situation ne serait pas la même.
Des acheminements depuis l'Hexagone
Depuis la mi-février, les départs des bateaux pour l'aide apportée à Mayotte se font depuis l'Hexagone.
"Les navires de l'Hexagone prennent le relais sur tout ce qui a pu partir de La Réunion. Pourquoi maintenant ? Parce que les temps de trajets en mer sont longs. La Réunion a été sollicitée pour l'urgence et pour la rapidité d'acheminement sur Mayotte", explique Emmanuelle Hoarau, directrice générale de la compagnie maritime à La Réunion.
Les navires transbordent quand même à La Réunion, ils ne peuvent pas accoster à Mayotte en raison de leur taille. Les conteneurs sont ensuite rechargés sur des navires plus petits.
1 million d'euros de fonds de solidarité
Sur un million d'euros, 700 000 ont déjà été distribués à des associations locales mais aussi nationales. Comme d’autres établissements bancaires installés à Mayotte, le Crédit Agricole prend des mesures exceptionnelles pour venir en aide à ses clients, professionnels ou particuliers.
Cette banque alimentaire créée à Mayotte, "permettra aussi d'aider au développement économique de La Réunion avec l'appui des entreprises réunionnaises au territoire mahorais, pense Didier Estebe. C'est aussi l'opportunité d'aider un certain nombre de filières de Mayotte à redémarrer ou à se créer, et se construire un avenir commun, parce que le sinistre de Mayotte hier, peut être le sinistre de La Réunion", ajoute le directeur général adjoint du Crédit Agricole.
On a souhaité ne pas rajouter de difficultés financières au sinistre, donc nous avons décalé les contrats de prêt de trois à six mois pour les clients particuliers comme professionnels. 120 à 130 millions d'encours de crédits ont été décalés. Nous avons également pris en compte la totalité des sinistres, aujourd'hui c'est pas loin de 25 millions de sinistres enregistrés.
Didier Estebe, directeur général adjoint Crédit Agricole
Comment se passe la distribution ?
Une fois débarqué sur le port de Longoni, il faut gérer la distribution de l'aide. La Banque alimentaire des Mascareignes s'appuie normalement sur le reste à vivre de la population. Dans les faits, "c'est plus compliqué", affirme Bruno Prochasson.
A Mayotte c'est difficile de calculer ce reste à vivre parce qu'une partie de la population n'a pas forcément les documents administratifs pour justifier ça. Il y a des gens qui n'ont même pas de carte d'identité, c'est pour ça qu'on s'appuie sur les CCAS, même s'il y a encore quelques imperfections.
Bruno Prochasson, directeur de la Banque alimentaire des Mascareignes