Le congé menstruel : "en tant que chef d'entreprise, je pense qu'il faut trouver une autre solution"

société
Endométriose
Photo d'illustration ©DR
Prendre un jour de congé par mois lorsqu'on souffre de règles douloureuses est un droit encore bien rare. Plusieurs pays ont instauré cette loi, dont le Japon depuis 75 ans. La France s'empare peu à peu du sujet, mais les avis sur ce congé divergent.

Le congé menstruel permettrait aux femmes qui ont des règles douloureuses de prendre un jour de congé payé. La mise en pratique d’un tel congé serait un casse-tête selon plusieurs chefs d'entreprises, comme Vanessa. Si l'entrepreneure péï n’est pas opposée, elle n’en demeure pas moins inquiète, d’autant plus que toutes ses employées… sont des femmes ! "Ca serait ingérable car les plannings sont fait un, voire deux mois à l'avance, explique-t-elle. Donc être absent du jour au lendemain, cela serait ingérable ! Il faudrait remplacer au pied-levé.... En tant que chef d'entreprise, je pense qu'il faudrait trouver une autre solution".

            

Au Japon, en Espagne et à Toulouse

Pouvoir prendre un jour de repos quand on souffre de règles douloureuses ou d’endométriose est possible dans certains pays comme le Japon, la Corée du Sud et l'Espagne. Si la mesure n’est appliquée en France qu’au bon vouloir des entreprises, l’expérimentation récente à Montpellier fait germer l’idée dans les esprits. Début mai, une start-up toulousaine a fait les gros titres après avoir sauté le pas du congé menstruel. Les salariées peuvent prendre un jour de congé par mois pendant leurs règles, sans que cela n'implique de perte de salaire ou même de fournir un justificatif médical.

         

Une stigmatisation supplémentaire ?

Pour Maryse Doki-Thonon, administratrice de l’association réunionnaise "Mon endométriose, ma souffrance", la mesure est progressiste mais sa mise en application doit se faire avec mesure et prudence. "On perçoit certains risques d'abus des femmes qui pourraient en bénéficier. On peut aussi évoquer une sorte de discrimination vis-à-vis d'hommes qui ne comprendraient pas pourquoi les femmes auraient ce congé. Et puis, il y a un risque de discrimination au travail. Au Japon par exemple, des femmes n'osent pas demander leur jour au Japon. Donc cela pourrait se retourner contre les femmes qui pourraient en bénéficier".