Le député, Jean-Hugues Ratenon, raconte sa visite de l’unité covid du CHU de La Réunion

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Ratenon CHU Bellepierre
©Nathalie Rougeau
Alors que la situation sanitaire reste tendue à La Réunion, le député, Jean-Hugues Ratenon, raconte sa visite de l’unité covid du CHU, ce mercredi 18 août. Le CHU a subi une intrusion d’individus, il y a deux semaines, "pour vérifier" la saturation des lits.

Le député, Jean-Hugues Ratenon, s’est rendu dans l’unité covid du CHU de Bellepierre, à Saint-Denis, ce mercredi 18 août. Alors que la situation sanitaire s’améliore légèrement à La Réunion, elle reste fragile. Ce matin, le député a tenu à se déplacer pour se rendre compte de la situation hospitalière.

"Un ou deux lits de libre en unité covid"

"Je n’étais pas là pour faire le gendarme, explique d’emblée Jean-Hugues Ratenon à l’issue de sa visite du CHU. J’étais là pour rencontrer le personnel et savoir quels sont leurs besoins. Concernant le matériel, ils m’assurent avoir ce qu’il faut. Concernant le personnel, j’ai senti qu’il y avait un besoin d’effectifs supplémentaires. Le service peut être saturé très rapidement".

Le député réunionnais raconte qu’il reste "un ou deux lits de libre dans l’unité covid". "Je n’ai pas à remettre en cause la parole de ces soignants, c’est déjà très difficile pour eux, ils font un gros travail et sont très affectés par l’état de gravité des malades et par le nombre de décès, explique Jean-Hugues Ratenon. Une soignante me disait qu’elle constatait deux décès par jour, elle n’en a jamais vu autant".

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

Jean-Hugues Ratenon s'invité au CHU Nord

 

Le CHU reste sous tension

"Ce week-end au CHU Nord, 103 % des lits de l’unité covid étaient occupés, un peu moins en réanimation, explique le professeur Peter Von Theobald, président de la commission médicale d’établissement du CHU de La Réunion. Nous sommes toujours sous tension, même si c’est mieux depuis deux jours. La réserve sanitaire nous fournit toujours du personnel, mais il y a aussi les conséquences de ce qu’il se passe aux Antilles où davantage de moyens sont nécessaires".

Pour le professeur Peter Von Theobald cette visite d’un parlementaire est importante. "Nous avons besoin de cet appui politique pour notre campagne de vaccination pour mettre fin à la propagation de ce virus", explique-t-il.

De son côté, le député, Jean-Hugues Ratenon, va maintenant "interpeller le gouvernement, rappeler la nécessité de mettre plus de personnels soignants au CHU". Il veut aussi alerter sur la situation des autres services. "Il y a beaucoup de déprogrammations d’opérations et de soins, des malades et d’autres pathologies s’aggravent", souligne-t-il.

Intrusion dans un service

Cette visite intervient alors que le CHU a subi une tentative d’intrusion dans son unité covid, le 7 aout dernier. En pleine mobilisation contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale, des manifestants avaient tenté de s’introduire dans les locaux. Ils expliquaient vouloir "vérifier que le service de réanimation était bien saturé". Le CHU a condamné cette tentative d’intrusion.

Quelques jours plus tôt, deux hommes s’étaient introduits dans les locaux de l’hôpital. Ils avaient diffusé de vidéos sur les réseaux sociaux de lits vides en affirmant être dans le service de réanimation.

La direction du CHU avait expliqué par communiqué, qu’elle condamnait cette intrusion "d'individus au sein des services de soins de ses sites, avec l'intention de filmer les lits vides de réanimation". D’autant que les images montraient en réalité le service de néphrologie.

Une situation sanitaire fragile

Selon le dernier bilan de l’ARS publié, hier, mardi, il y a eu douze nouveaux décès de patients, et 2 919 nouveaux cas de coronavirus dans l'île du 7 au 13 août. Le taux d’incidence est en baisse à 341,9/100 000 habitants. Si la situation sanitaire commence à s'améliorer, elle reste fragile.