Covid et vaccination : le docteur de Chazournes interdit d'exercice pour une durée d'un mois

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Docteur Philippe de Chazournes
Le docteur Philippe de Chazournes a été sanctionné par la chambre disciplinaire de première instance de l'ordre national des médecins (photo d'archives) ©Imaz Press Réunion
Attaqué par l'ARS pour ses déclarations tranchées contre la vaccination, le docteur Philippe de Chazournes a été sanctionné par la chambre disciplinaire de l'ordre national des médecins. Il écope d'une interdiction temporaire d'exercer.

La chambre disciplinaire de première instance de l'ordre national des médecins s'est prononcée sur les reproches faits par l'Agence régionale de santé, au docteur Philippe de Chazournes s'agissant de sa position au sujet de la vaccination contre le Covid-19.

L'instance confirme un manquement déontologique de la part du médecin généraliste qui est sanctionné d'une interdiction temporaire d'exercer pour une durée d'un mois. Elle estime que la position du médecin n'est pas assez nuancée, ni suffisamment étayée scientifiquement.

Un discours critique condamné par l'ARS

Cette procédure fait suite à la plainte déposée par l'ARS de La Réunion le 1er septembre 2021. Celle-ci, par la voix de sa directrice Martine Ladoucette, avait saisi l'instance disciplinaire pour que le docteur de Chazournes soit sanctionné pour ses interventions publiques au cours desquelles il "a exprimé de vigoureuses critiques contre la politique de vaccination liée au virus covid-19, tout en préconisant le recours à certaines formes de traitement précoce non validées".

Dans sa décision, la chambre estime que les déclarations du praticien, "amplement relayées par les médias", précise-t-elle, "se caractérisent par une volonté obstinée de l'intéressé de dénigrer la politique vaccinale officielle sans souci de nuance, ni d'une réelle assise scientifique".

"Des témoignages non vérifiés"

Elle rajoute qu'au contraire, le docteur de Chazournes a recouru "à une démarche de dramatisation par des témoignages non vérifiés ou une présentation biaisée des données statistiques, par exemple sur la question des évènements indésirables".

Par ailleurs, argumente encore la chambre disciplinaire, les préconisations du médecin "en faveur de certains traitements dont l'efficacité demeure hypothétique n'ont pas été formulées avec la prudence requise".

L'instance parle aussi d'un "discours péremptoire" en décalage avec les qualifications du praticien ainsi que d'un "manque de respect vis à vis des autorités compétentes".

Pas sûr que la nouvelle de cette sanction décourage ceux qui se sont toujours opposés à la vaccination. Elle pourrait même au contraire renforcer davantage leurs convictions.

Reste à savoir si le docteur de Chazournes entend contester cette décision. Selon certaines sources, le médecin ne pratiquerait déjà plus et se serait lancé dans un nouveau projet professionnel.