Législatives 2022 : un accord conclu au national entre le PS et LFI, des discussions plus compliquées à La Réunion

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©Manuel Cohen
A un peu plus d’un mois des législatives, un accord a été conclu au national entre le Parti Socialiste et La France Insoumise. A La Réunion, les discussions sont plus compliquées entre les différents partis de gauche et d'extrême gauche pour tenter d’avoir des candidatures uniques au premier tour de l’élection.

Après des jours de discussions, un accord a été signé en vue des élections législatives entre le Parti Socialiste et La France Insoumise, mercredi 4 mai.  

A un peu plus d’un mois de les élections législatives, l’objectif est d’arriver à un accord global pour avoir des candidats uniques sous la bannière de la Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Sociale (Nupes) qui rassemble déjà La France insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV).  

En cours de discussion à Paris, cet accord ne s’applique pas Outre-mer. A La Réunion, les discussions sont plus compliquées pour tenter d’avoir des candidatures uniques au premier tour de l’élection.  

Un accord qui doit être validé par le PS national 

Au niveau national, l’accord conclu entre le Parti Socialiste et La France Insoumise doit encore être examiné ce jeudi soir par le parlement interne du parti. Les quelque 300 membres du conseil national du PS sont appelés à trancher par un vote.  

Plusieurs figures, élus et candidats pré-investis par le PS ont déjà annoncé qu’ils n’en voulaient pas. Ils refusent de se ranger sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).  

Au-delà du fond du programme, la répartition des circonscriptions avec les Insoumis fait de nombreux déçus. Cet accord a déjà provoqué le départ du parti de l'ancien premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve. L’ancien président de la République François Hollande "récuse" aussi cet accord.  

Le PS local y est favorable  

A La Réunion, Philippe Naillet, premier secrétaire fédéral du PS, y est favorable. "J’écoute nos sympathisants et nos électeurs qui sont pour cet accord, explique-t-il sur Réunion La 1ère. Nous sommes pour l’union, pour le rassemblement, car les Réunionnais l’ont exprimé au premier tour de la présidentielle". La Réunion a placé Jean-Luc Mélenchon largement en tête du premier tour avec 40,26% des voix.  

"L’esprit de cet accord est le rassemblement de La France insoumise, le Parti communiste français et Europe Ecologie-Les Verts, rappelle Philippe Naillet. Il doit se traduire aussi par le rassemblement à La Réunion".   

Revoir l'interview du député Philippe Naillet sur Réunion La 1ère :

Philippe Naillet, premier secrétaire fédéral du PS, candidat aux législatives dans la 1ère circonscription

"Des efforts pour des candidatures de rassemblement"

Pour autant, le premier secrétaire fédéral du PS n’entend pas se retirer face à Yoann Cancan, le candidat LFI qui se présente également dans sa circonscription. Il assure que la fédération locale du PS est prête à "faire tous les efforts pour aboutir à sept candidatures du rassemblement dans les sept circonscriptions". "J’attends qu’on soit responsable, dans la continuité de l’accord qui s’est fait à Paris pour défendre les Réunionnais", poursuit-il.

La division de l’extrême gauche locale  

Au national comme dans le Département, il faut s’attendre à des candidatures dissidentes. La majorité régionale (PLR, PS, PCR, LFI, Banian) a du mal à s’entendre sur des candidatures uniques et même à faire respecter l’accord de soutien aux trois députés de gauche sortants (Philippe Naillet, Karine Lebon, et Jean-Hugues Ratenon).  

Ce matin, un communiqué, envoyé par les groupes d’action de La France Insoumise à La Réunion, jette encore le trouble sur les discussions locales. Ils y évoquent "les échecs des appareils partisans locaux à créer les conditions de l’unité". Ils proposent dans chaque circonscription un candidat de leur cru, à l’exception de la 4ème où un écologiste y est candidat, et de la 2ème où l’actuelle députée Karine Lebon est soutenue.  

C’est aussi dans le communiqué de ce matin qu’est annoncée la candidature de l’insoumis Yoann Cancan face à Philippe Naillet dans la première circonscription.  

"Nous avons passé le cap des quatre circonscriptions", affirme le député Ratenon

Ce communiqué pourrait "n’être qu’un moyen de faire pression" sur "les discussions qui se poursuivent", selon Jean-Hugues Ratenon, député LFI. Le candidat à sa propre réélection assure ne pas être à l’origine de cette publication et se dit "confiant quant à un accord imminent".

"Cet accord sera conclu", a-t-il encore martelé ce soir dans le journal de 19h sur Réunion La 1ère. "L'objectif, défend-il, c'est d'avoir des candidats uniques sur les sept circonscriptions".

"Pour l’instant, il n’y a pas d’accord dans deux ou trois circonscriptions mais nous avons passé le cap des quatre circonscriptions", assure encore Jean-Hugues Ratenon.

Revoir l'interview du député Jean-Hugues Ratenon sur Réunion La 1ère :

Jean-Hugues Ratenon, député de la France insoumise. Politique : la gauche, en ordre dispersé ?

Huguette Bello et Emmanuel Séraphin, figures du PLR, se montrent eux aussi confiants. En réaction au communiqué, la présidente de Région estime qu’il "y a un socle construit depuis longtemps à gauche". "La France Insoumise ne doit pas s’attribuer tout le mérite des résultats du premier tour de la présidentielle dans le département", assure-t-elle.  

Vers une union au second tour  

"La volonté de l’union est bien là, même si on a connu des négociations plus fluides par le passé, ajoute de son côté l’insoumis Perceval Gaillard. La campagne est aujourd’hui très territorialisé". Il annonce d’ailleurs qu’il restera candidat dans la 7ème circonscription, même si le PLR lui préfère Philippe Rangama.

"Si ce n’est pas au premier tour, l’union se fera de toute façon au second", conclut le porte-parole de LFI à La Réunion. C’est ce qu’a dit aussi la maire socialiste de Saint-Denis Ericka Bareigts il y a quelques jours dans notre émission Dimanche Politique.