Les 6 Sri-lankais ont demandé l'asile, réponse attendue sous deux jours

océan indien
Un bateau de pêche sri-lankais arrive à La Réunion, dimanche 31 juillet
Un bateau de pêche sri-lankais arrive à La Réunion, dimanche 31 juillet ©Laurent Figon
Six hommes sont arrivés au Port hier après-midi, escortés par la gendarmerie maritime, avant d'être pris en charge par les autorités. Ils l'ont tout de suite fait savoir : ils ont entrepris cette périlleuse traversée de l'océan Indien dans l’idée d'une vie meilleure loin de leur pays, actuellement en crise.

Ils sont arrivés dimanche après-midi au Port dans un bateau de pêche, mais ils ne sont pas des marins victimes d’avarie. Les six hommes, tous d’origine singhalaise, ont rapidement fait savoir à la police et aux douanes françaises qu’ils comptaient déposer une demande d’asile. Hier soir, ils ont été conduits dans la zone d’attente de la Police aux Frontières, à l'aéroport Roland Garros. Mais ils ne sont pas placés en rétention administrative. "S'ils ont été placés en zone d'attente, explique Maître Mihidoiri Ali, l’un des avocats mobilisés, c'est que leur demande d'entrée sur le territoire français a été refusée."

Regardez le reportage de Réunion 1ère :

Migrants du Sri Lanka : ils fuient la guerre

Réponse sous 48h

Les six hommes ont demandé l'asile. L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, l'OFPRA, doit examiner, dans les 48 heures, la recevabilité de leur demande. Soit ils devront repartir au Sri-Lanka, soit ils pourront entrer en France, au titre de l'asile. "Il va y avoir un examen de ces personnes, au cas par cas, poursuit l'avocat. Ce sera un récit personnel où chacun raconte son histoire. Et l'évaluation du risque qu'ils ont d'être persécutés s'ils retournent dans leur pays."

Si l’OFPRA juge légitime leur demande d'asile, ils seront libérés et confiés aux soins, a priori, de la Croix-Rouge. Si au contraire la pré-demande est rejetée, ça pourrait être la reconduction immédiate. Délicat vu le contexte politique actuel au Sri-Lanka, rappellent les associations humanitaires qui interviennent ici. Mais elles se souviennent qu’en 2018 et 2019, ça avait été l’issue, malgré les appels, en principe suspensifs, et les décisions de juges des libertés qui avaient pu être favorables aux migrants de l’époque.

          

Une crise historique au Sri-Lanka

"S'ils choisissent de quitter leur pays de plein gré, conclut Me Mihidoiri Ali, c'est qu'il y a une décision impérieuse qui est à l'origine du déchirement. On quitte son pays, sa famille… parce qu'on fuit. Et souvent ce qu'on fuit, ce sont des persécutions. Certains diabolisent à tort ces gens, qui recherchent une vie paisible comme vous et moi, et ils ne l'ont pas dans leur vie."

Le Sri-Lanka connait actuellement une crise historique. Le pays de 22 millions d'habitants subit depuis plusieurs mois des pénuries de nourriture, de carburant, de matières premières et de médicaments. Après des manifestations lui reprochant la faillite du pays, le président Gotabaya Rajapaksa a démissionné. Ranil Wickremesinghe, jusqu'ici Premier ministre, lui a succédé.