Les nappes phréatiques ont encore soif !

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ravine en crue st philippe 2021
Malgré l'accumulation des pluies tout au long du mois d'avril, les nappes phréatiques n'ont pas encore fait le plein. ©Loïs Mussard

Les journées de pluies s'enchaînent, pourtant les nappes phréatiques sont encore loin d'avoir fait le plein. Les chiffres enregistrés en mars indiquent un taux de rechargement inférieur à la moyenne. Et les ondées d'avril ne permettent pas d'inverser la tendance. 

Les routes sont gorgées d'eau. Le sol des terrains inondés ne semblent plus être en mesure d'absorber les pluies qui s'enchaînent depuis plusieurs jours dans l'île... Pourtant le constat a de quoi surprendre. "Le taux de rechargement des nappes phréatiques n'a que très rarement été atteint au cours de ces 10 dernières années" affirme Julien Bonnier. Hydrologue à l'Office de l'Eau, le scientifique s'appuie sur les relevés enregistrés depuis le début de l'année.

Les nappes phréatiques se remplissent

 

Des chiffres en dessous des moyennes habituelles 

"En mars la Rivière des Roches affiche un débit de 2 500 litres. Conforme à la moyenne. En revanche, la Rivière des Marsouins atteint à peine son débit moyen avec  5 500 litres contre 10 000 litres" explique le scientifique rappelant que la situation est identique pour la Rivière Saint-Denis et celle de Langevin.

"Il a fallu attendre le 21 avril pour assister à la première crue de la Rivière Langevin" confie encore Julien Bonnier à propos de la fameuse rivière de Saint-Joseph particulièrement impactée par le manque d'eau en début d'année avec un débit moyen de 600 litres contre 2 000 litres généralement enregistrés.  

Ravine en crue à Petite-Ile sud 2021
Des ravines généralement à sec affichent un débit impressionnant avec les fortes pluies d'avril. Mais les apparences sont parfois trompeuses en matière de réserve de la ressource en eau. ©Loïs Mussard

 
Cette pénurie, au niveau des cours d'eau les plus représentatifs de La Réunion, s'explique par l'absence de remplissage des nappes phréatiques. "Ces sources profondes qui alimentent les rivières demandent de grandes quantités d'eau sur de longues périodes" explique l'hydrologue, estimant que le faible taux de rechargement se manifestera par "une baisse des débits des cours d'eau d'ici la fin de l'année"

Reste à mesurer l'impact des pluies de ce mois d'avril. Ainsi que l'évolution de la situation météorologique, car les prévisions de pluie encore envisagées dans les prochains jours selon Météo France. De quoi peut-être infléchir la courbe des ressources des nappes phréatiques...