Après sa carrière de professeur, à la retraite, le Dr Appanu Nambiar, a décidé d’ouvrir une école fidèle à ses convictions : là, dans les forêts du Wayanad, au Kerala, au plus proche des tribus les plus pauvres et éloignées de l’éducation.
250 enfants vivent ici, pour un apprentissage des fondamentaux scolaires et des traditions de leurs différentes tribus.

© Photographie : Anne Bonneau

Dr Nambiar : le Wayanad, une région où vivent nombre de tribus

Espèce de gourou

© Photographie : Anne Bonneau

Ça dure deux heures chaque matin la méditation et le yoga pour tous les élèves de l'école.
Et ça ne rigole pas.
Il est comme ça, Dr Nambiar. Féru de discipline, bardé d'idées inoxydables.
Gourou?
Pas vraiment.
Pas religieux pour une roupie. Adepte -en témoignent les murs couverts d'affiches, de maximes et d'autres mots précieux- du Mahatma Gandhi.

Méditation, yoga, prière avant les repas.
Pas de la religion, juste du bon sens et du respect.

© Photographie : Anne Bonneau

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P'tit déj' des montagnes

Deux galettes, une louche de pois-chiche. Bon appétit!

Enfin non, avant, récitation obligatoire : Om Om Om, Shanti shanti shanti, et c'est parti. Ça se passe comme ça à l'école Pazhessi Raja.

Les élèves font la cuisine, ça fait grincer les dents de certains parents.

Le Dr Nambiar s’en moque, en vérité, il n’a pas le choix : pas si simple de trouver des cuisiniers - et des enseignants !- prêts à venir travailler dans ce lieu isolé !

Le financement de l'école, Dr Nambiar

© Photographie : Anne Bonneau

En chasse!

Il arrive là pour son cours de l'après-midi. Kerloo.
C'est lui le professeur.
Il apprend aux enfants de l'école à tirer à l'arc.

J’enseigne aux garçons seulement, les filles, ça les intéresse pas!

Ah bon? Bon.

© Photographie : Anne Bonneau

En tout cas, la chasse au tir à l'arc, ce n’est pas juste pour le fun, mais ce n'est pas pour chasser non plus:

On n'a plus le droit de chasser. Faut y aller en cachette!

Les cours de Kerloo sont destinés à transmettre les traditions aux enfants des tribus qui oublient doucement leur art de vivre.

Peut-être aussi on pourra un jour faire des champions de ces génies de l'arc.

Un jour, peut-être, quand les filles s'y mettront?
 

Réfugiées

© Photographie : Anne Bonneau

Ça ressemble à un refuge de montagne, mais ce n'est pas un refuge de montagne.
Enfin, si, peut-être un peu en fait.

L'internat des filles de l'école.

Un refuge dans les montagnes du Kerala.
Spartiate.
Ici, les enfants des tribus des forêts peuvent recevoir une éducation, un châlit, une assiette pleine, une esquisse d'avenir.

Une pause l'après-midi pour jouer au karom.
J'adore ce son : frrrot-clac! Dans le dortoir désert.
 

© Photographie : Anne Bonneau

Dissoudre la timidité

Elles veulent toutes me chanter quelque chose, mais bon, pas si simple de se lancer comme ça au débotté dans le micro d'une étrangère.
Certaines y vont franco, d'autres forment des groupes, quelques-unes fondent de timidité.

Pas grave. Je serais encore là demain.

Au petit matin, loin de la foule, elle s'avance avec un petit papier à la main, chiffonné dans la paume : sa chanson.
Elle vous l'offre d'une voix sûre, loin du regard des autres.
 

© Photographie : Anne Bonneau

Belles images

Il avoue en murmurant dans mon micro, que ce qu'il aime ici, c'est la couture.
Alors, bien-sûr les copains d'Aman, un garçon de douze ans, rigolent.
Bien-sûr.
Il ne posera pas pour la photo.

© Photographie : Anne Bonneau

Les donzelles dévolues ce jour au balayage de la cour ne voudront pas poser non plus !
Elles s'envolent en un bruissement de jupe si je fais mine de sortir un appareil photo.
Oh ! Faut pas trop en demander quand même ! Non mais !

Ecoutez les murmures d'Aman, les rires de ses amis, les espoirs des enfants
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