Madagascar : 868 tortues saisies, deux contrebandiers arrêtés

faits divers
saisie de 868 tortues étoilées à Madagascar 30 décembre 2021
©Capture d'écran Madagascar-Tribune
Les gendarmes malgaches ont intercepté une cargaison de 868 tortues lors d'un contrôle ciblé à Trahovano ville du Sud de Madagascar. Les contrebandiers transportaient leur cargaison dans un 4x4 et se dirigeaient vers Tuléar où un avion les attendaient.

La crise sanitaire, la sécheresse, la famine, la misère sont autant de curseurs qui profitent aux trafics en tout genre. Les richesses malgaches sont convoitées par tous les trafiquants étrangers sans scrupule. Mercredi 29 décembre 2021, il est un peu plus de 1h30 du matin quand les gendarmes interceptent un 4x4 à Trahovano. Il vient de la région d'Anosy où les tortues étoilées sont censées être protégées. Malheureusement, les braconniers sont légion et rien ne peut les arrêter. Par chance, ces reptiles sont sous la surveillance permanente de l'association Turtle Survival Alliance. Ce sont les membres de TSA qui ont lancé l'alerte, nous apprend Madagascar-Tribune

Selon les informations recueillies par les enquêteurs, la cargaison devait être amenée à Tuléar. Là, les acheteurs devaient les acheminer vers l'Asie où les tortues étoilées se vendent une fortune (3 à 4 000 $). Les 868 tortues ont été ramenées dans leur réserve qu'elles n'auraient jamais dû quitter. 

Deux braconniers arrêtés, le troisième en fuite

 

Cette opération a permis de sauver 868 tortues. Rappelons que cette espèce fait partie depuis des années de la liste rouge des espèces en danger critique d'extinction depuis 2008. Cette tragédie est due au trafic, mais aussi à la consommation de sa chair. Manger des tortues étoilées à Madagascar est un interdit culturel (fady), cependant avec la famine, certaines barrières sautent.

Deux des trois contrebandiers ont été interpellés. Ils ont été déférés au parquet de Fort-Dauphin. Ils encourent 5 à 10 ans de prison, écrit La Vérité. Ces fortes peines ne freinent pas les braconniers qui n'ont pas d'autres moyens de survivre dans une région frappée par le Kéré depuis plus de deux ans. Dans ce contexte extrême, il n'est pas étonnant de voir une multiplication des interceptions, reste à savoir, combien de ces richesses (faunes, flores, minerais) passent à travers les mailles, toujours plus larges, du filet ?