Madagascar : Fort-Dauphin victime de la mine selon une enquête indépendante

pollution
La mine d'exploitation d'ilménite et de Zircon au nord de Fort-Dauphin Madagascar
La mine implantée, au bord du lac d’Ambavarano, depuis des décennies est vieillissante. Des bèches et des fuites ont été observées ©Capture d'écran la Gazette de la Grande île
L'environnement des villages riverains de la mine et la ville de Fort-Dauphin sont victimes des rejets de la mine de la QMM. L'eau, la faune, la flore sont touchées, révèle l'enquête menée par l’Extractives Transparency and Accountability in Madagascar (META-M).

30 000 ariary (7,09 €) par jour versés à 1 000 personnes pour compenser l'éventuelle pollution de la rivière Mahampy qui a provoqué la mort des poissons et l'interdiction de la pêche et de commercialisation des poissons pendant plus d'un mois. Les petits pêcheurs locaux n'avaient plus le droit de travailler.

Fin avril, suite à la manifestation des villageois, qui avaient installé des barrages sur les routes menant à la mine voisine, le gouverneur avait organisé une table ronde avec la direction de la QMM pour mettre fin au conflit. 

Lors de cette réunion, la direction avait nié toute responsabilité dans la mortalité soudaine des poissons, mais avait consenti au versement de 30 000 ariary par jour et par personne pour compenser les jours chômés. D'ailleurs précise, ce jeudi 12 mai 2022, Madagascar-Tribune, ce versement est à durée indéterminée. 

Des poissons morts et une flore exsangue 

L'enquête réalisée par Extractives Transparency and Accountability in Madagascar (META-M) à travers la Coalition Publiez Ce que Vous Payez Madagascar (PCQVP MG) vient répondre à la question sans réponse : les poissons sont morts de quoi ?

La direction de la mine réfute toute responsabilité. Elle paye pour rétablir la paix sociale, pourtant les révélations des Organisations non-gouvernementales qui se sont penchées sur le sujet tendent à prouver le contraire. 

META-M évoque, dans son rapport, des cas de disparition de poissons et la disparition de certaines plantes aquatiques comme les roseaux qui foisonnaient auparavant sur la rivière Mahampy, selon les villageois. 

La QMM s'inscrit en faux et dénonce des accusations qui s'appuient uniquement sur des témoignages. Cependant, la société n'a toujours pas publié les résultats des prélèvements qui, soi-disant, la disculpent et vient d'accepter de payer 30 000 ariary par jour à 1 000 riverains.